The Radiant Crown, SANGHAM
16 octobre 2026 0 Par Chacha
Il y a des groupes dont on apprécie la musique, et d’autres dont on a aussi envie de défendre le message. Avec SANGHAM, formation française originaire de Marseille, les deux se rejoignent. Après Intangible, le quatuor revient avec The Radiant Crown, un deuxième album qui mêle metal moderne, influences progressives, djent et death metal. Huit titres pour secouer les cervicales, mais aussi quelques certitudes bien installées. Car derrière les riffs, le groupe n’est pas là pour décorer le paysage : il a des choses à dire, et il compte bien se faire entendre !
Dès « The Insatiable Ogre », SANGHAM impose une musique dense, portée par des guitares incisives, une section rythmique qui cogne et une alternance vocale particulièrement efficace. Christelle Meunier passe du chant clair aux saturations avec une aisance impressionnante, donnant aux compositions une profondeur qui dépasse largement la simple démonstration de puissance. Les structures sont travaillées, les changements d’atmosphère bien amenés et les respirations mélodiques apportent juste ce qu’il faut d’air avant de replonger dans la tempête. Le groupe sait être technique sans transformer chaque morceau en examen de fin d’année pour musiciens confirmés !
Parmi les titres qui retiennent particulièrement l’attention, « La Tour Dorée » joue sur les contrastes, tandis que « Terrestrial Astronaut » nous embarque dans un univers plus immersif, entre tension et envolées mélodiques. Mais c’est avec « Our Vain Pleasure » que le propos devient particulièrement frontal : le morceau dénonce la souffrance animale liée à son exploitation, un sujet traité sans chercher à rendre la réalité plus confortable qu’elle ne l’est. Ici, la musique ne sert pas uniquement à faire mal aux oreilles, elle accompagne un message qui dérange et pousse à la réflexion.
Autre moment fort, « Listen », plus intime, qui aborde la vulnérabilité à travers l’expérience personnelle de Christelle, confrontée à une perte partielle de l’audition. Une dimension sensible qui contraste avec la lourdeur instrumentale et rappelle que derrière la colère, il y a aussi des fragilités. Puis « Reclaim » affirme haut et fort les convictions féministes et écoféministes du groupe, avec une volonté de reprendre la parole et le pouvoir face aux mécanismes de domination. Un morceau qui résonne d’autant plus fort qu’il s’inscrit dans une démarche collective, notamment grâce à la participation de musiciennes de la scène metal française.
C’est aussi ce qui me touche chez SANGHAM : leur engagement ne semble pas être un argument marketing ajouté au milieu des amplis. Ayant eu l’occasion d’échanger avec eux en interview, j’ai découvert des personnes adorables, sincères et animées par des valeurs qui me parlent profondément, notamment l’antispécisme et le féminisme. Et quand ces convictions se retrouvent dans une musique aussi travaillée, sans sacrifier ni la puissance ni l’émotion, difficile de ne pas avoir envie de les soutenir.
Avec « Elevation », le groupe referme l’album sur une note qui laisse respirer l’ensemble, après un parcours aussi intense musicalement que dans les thèmes abordés.
En conclusion, The Radiant Crown confirme que SANGHAM a bien plus à offrir que de gros riffs et une technique solide : une identité, une sensibilité et une vision du monde assumée. Je n’ai désormais qu’une envie : découvrir tout ça en live ! J’espère sincèrement que ce groupe trouvera le public qu’il mérite et prendra bientôt une autre dimension. Parce que des formations capables de faire headbanguer tout en défendant leurs convictions avec autant de sincérité, on en redemande. Alors, la scène metal française, on leur fait une place ?


