Hooman After All, SIM

Hooman After All, SIM

4 septembre 2026 0 Par Chacha

 

Il y a des groupes qui aiment choisir une case et s’y installer confortablement. Et puis il y a SiM, qui préfère visiblement prendre toutes les cases, les empiler et mettre le feu au carton. Avec HOOMAN AFTER ALL, leur septième album studio, les Japonais poursuivent leur joyeux mélange de metal, punk, hardcore, reggae, ska, hip-hop et rock alternatif, avec en prime cette grosse dose d’énergie qui fait leur identité. Un disque qui revendique aussi une forte nostalgie des sonorités de la fin des années 90 et du début des années 2000, sans pour autant donner l’impression de ressortir un vieux CD rayé du placard.

 

Dès “FiVE TiMES DEAD (by my wallet)”, SiM annonce la couleur : guitares bien grasses, rythmiques nerveuses, changements de dynamique et chant capable de passer de l’agressivité au phrasé plus groovy en un claquement de doigts. Le morceau est aussi particulièrement savoureux dans son approche lyrique, avec ce rapport très humain – et douloureusement universel – à l’argent qui disparaît mystérieusement dès qu’un nouveau disque, un concert ou du merchandising pointe le bout de son nez. Oui, on connaît.

“BLiNDEYES”, avec Yukina de HANABIE., pousse davantage le curseur vers le metalcore. La confrontation entre les deux voix fonctionne à merveille et apporte un supplément de mordant à un titre déjà particulièrement accrocheur. La chanson tourne autour de la colère et de l’idée qu’un simple « désolé » ne suffit plus à réparer certaines blessures.

Mais SiM ne serait pas SiM sans ses virages à 180 degrés. “DALALA” et “HOLD MY BEER” remettent le reggae au premier plan, tout en conservant une base rock lourde et des basses bien présentes. Le groupe sait surtout construire des refrains immédiatement mémorisables sans sacrifier la puissance instrumentale. Et lorsque “The Sniffing Cats Ska”, accompagné de HEY-SMITH, débarque avec ses accents ska et son énergie punk, autant dire que le bouton « sérieux » vient officiellement de partir en vacances.

Le morceau-titre “HOOMAN AFTER ALL” résume finalement assez bien l’esprit du disque : humain, imparfait, contradictoire et légèrement bordélique. Musicalement, SiM y rassemble plusieurs de ses influences dans une composition qui reste étonnamment lisible malgré la quantité d’idées injectées. Le groupe peut passer d’un passage mélodique à une section beaucoup plus brutale sans donner l’impression de perdre le fil.

“GHOST iN TOKYO” fait également partie des titres les plus efficaces, avec une approche plus sombre et franchement musclée. À l’inverse, “ZiON”, porté par Masato de coldrain, mise davantage sur la puissance et l’aspect fédérateur. La rencontre paraît presque évidente tant les deux univers se complètent naturellement.

Et puis il y a “BLACK SUBMARiNE”, qui plonge encore un peu plus dans le rap-rock et le nu metal, tandis que “FREEZE ME UP” apporte une respiration bienvenue avant que “Sailing On” ne referme l’album sur une note plus ample et mélodique.

Avec ses 38 minutes et ses douze morceaux, HOOMAN AFTER ALL ne cherche donc jamais à s’éterniser. La production, confiée pour la première fois à Jon Lundin alors que SiM avait jusque-là toujours assuré seul cette partie, permet justement de canaliser cette multitude d’influences tout en conservant le côté imprévisible du groupe.

 

HOOMAN AFTER ALL porte finalement très bien son nom : SiM y montre toutes ses facettes, de la brutalité du metalcore aux rythmiques reggae, en passant par le punk, le ska et les sonorités rock des années 2000. Tout n’est pas destiné à plaire à tout le monde, mais c’est aussi ce qui fait le charme du groupe : SiM refuse de choisir. Et entre riffs qui cognent, refrains qui restent en tête et quelques idées complètement barrées, le résultat donne surtout envie d’appuyer sur replay… en surveillant quand même son compte bancaire.