Songs to Moon, STONED JESUS

Songs to Moon, STONED JESUS

16 octobre 2026 0 Par Chacha

 

Avec Songs to Moon, STONED JESUS nous entraîne dans un voyage où la lumière s’éteint progressivement, laissant place aux doutes, à la solitude et aux pensées qui tournent en boucle. Deuxième volet d’une trilogie entamée avec Songs to Sun en 2025, ce nouvel album du trio ukrainien explore une facette plus sombre et introspective de son univers. Sept morceaux, une quarantaine de minutes et une certitude : le soleil n’est pas près de revenir.

 

Dès « Under the Skin », le groupe frappe fort avec des riffs abrasifs, une rythmique pesante et des voix qui oscillent entre chant mélodique et hurlements. Le stoner laisse volontiers de la place au post-metal et au grunge, sans perdre cette lourdeur qui fait partie de l’ADN du groupe. « Velvet » poursuit sur cette lancée avec une mélancolie particulièrement accrocheuse. Son refrain s’incruste dans la tête sans demander la permission, tandis que les guitares entretiennent une tension presque étouffante. Comme quoi, même le velours peut gratter.

Avec « ZYX », l’atmosphère se fait plus contemplative, entre passages acoustiques et envolées électriques. Une respiration bienvenue avant « Syzygy », premier instrumental de la discographie du groupe. Ici, STONED JESUS mise sur les nuances, les mélodies aériennes et les arrangements délicats plutôt que sur la démonstration de force. Une parenthèse qui invite à prendre son temps, qualité devenue presque révolutionnaire à l’heure où tout doit aller toujours plus vite.

Mais pas question de s’installer confortablement : « Jackal » vient assombrir le tableau avec sa construction théâtrale, ses voix inquiétantes et sa montée en puissance progressive. Les ruptures rythmiques accentuent le malaise, jusqu’au retour des guitares saturées. La technique est solide, mais surtout pertinente : chaque changement sert l’ambiance plutôt que de transformer le morceau en concours de virtuosité.

La seconde moitié de l’album prend un virage radical. « Window in My Room », longue pièce de plus de huit minutes, privilégie une approche acoustique et mélodique, portée par une interprétation vulnérable. L’isolement et le repli sur soi imprègnent cette composition qui semble regarder le monde à travers une vitre, sans parvenir à le rejoindre. Enfin, « One More Empty Day » referme le voyage dans une sobriété presque désarmante, entre guitare acoustique et chant chargé d’émotion. Après les riffs massifs du début, ce dépouillement laisse une impression de vide qui colle parfaitement au propos.

 

Avec Songs to Moon, STONED JESUS refuse donc de se contenter de ressortir la recette stoner qui a fait sa réputation. Le groupe joue sur les contrastes, explore des territoires plus progressifs et laisse davantage de place à l’introspection. Ce choix pourra dérouter celles et ceux qui espèrent des murs de guitares du début à la fin, mais il donne à l’album une véritable cohérence émotionnelle. Une œuvre sombre, nuancée et exigeante juste ce qu’il faut, qui se savoure davantage dans son ensemble qu’en picorant quelques morceaux. Pour retrouver le soleil, il faudra attendre le prochain chapitre. En attendant, STONED JESUS nous offre une belle virée nocturne, sans garantie de rentrer avec le moral intact.