Netherworlds, INSOMNIUM
16 octobre 2026 0 Par Chacha
Avec INSOMNIUM, la mélancolie n’est pas une simple couleur musicale : c’est un paysage dans lequel on accepte volontiers de se perdre. Avec Netherworlds, les Finlandais poursuivent leur exploration d’un death metal mélodique aussi sombre qu’envoûtant, où la puissance des riffs côtoie des mélodies capables de vous serrer le cœur sans prévenir. Dix titres, près de 54 minutes et une ambiance qui ne donne pas franchement envie d’ouvrir les volets pour profiter du soleil !
Dès The Cold Song, le groupe installe une atmosphère glaciale avant de laisser parler son sens de la mélodie. Les guitares alternent entre envolées lumineuses et riffs plus mordants, tandis que la section rythmique maintient une assise solide sans écraser les nuances. Sur Shadowlife, cette dualité prend toute son ampleur : le chant rugueux de Niilo Sevänen apporte la tension nécessaire, pendant que les lignes mélodiques dessinent un décor à la fois majestueux et désespéré. INSOMNIUM sait faire parler ses guitares, et surtout leur laisser suffisamment d’espace pour raconter quelque chose.
L’album prend davantage son temps avec The Hour Grows Late, longue pièce de huit minutes qui invite à se laisser porter par ses changements d’intensité. Les arrangements gagnent en profondeur, les textures s’étoffent et les interventions vocales de Tomi Joutsen et Tomi Koivusaari viennent enrichir cette composition, sans oublier les claviers de Santeri Kallio. Une parenthèse ambitieuse qui mise sur l’émotion plutôt que sur la démonstration gratuite. À l’inverse, Gleam In The Black offre une porte d’entrée plus directe, avec un équilibre particulièrement efficace entre agressivité et mélodie. Quant à Arch Of The Sky, elle prolonge cette dimension cinématographique grâce à des guitares aériennes et une progression qui donne envie de regarder au loin, même si le paysage ressemble à une forêt finlandaise sous la pluie.
Derrière cette noirceur, Netherworlds évoque un univers de solitude, de souvenirs et de chemins traversés dans l’obscurité. Les titres eux-mêmes suggèrent la mémoire, l’exil, le sommeil et la fin du voyage. Plutôt que de miser uniquement sur la brutalité, INSOMNIUM privilégie les contrastes et les atmosphères, avec cette capacité à faire cohabiter la mélancolie et la fureur sans que l’une ne desserve l’autre. La production, confiée au mixage et au mastering à Jens Bogren, donne de la lisibilité à l’ensemble et permet aux différentes couches instrumentales de respirer.
En conclusion, Netherworlds s’inscrit dans la continuité de l’identité d’INSOMNIUM : un death metal mélodique profond, travaillé et chargé d’émotions, qui préfère les frissons durables aux effets faciles. Quelques passages demandent de se laisser absorber par le rythme plutôt que d’attendre une déferlante permanente, mais c’est aussi ce qui fait son charme. Un album pour les amateurs de riffs mélancoliques et de nuits interminables… avec, idéalement, un plaid et une météo assortie.


