The Allfather Awakens, AMON AMARTH

The Allfather Awakens, AMON AMARTH

3 octobre 2026 0 Par Chacha

 

Il y a des groupes dont on attend la révolution à chaque nouvel album. Et puis il y a Amon Amarth. Après plus de trente ans de carrière, les Suédois ont tellement marqué leur territoire qu’espérer les voir débarquer avec du jazz fusion et une flûte traversière serait probablement aussi réaliste qu’Odin décidant de prendre sa retraite. Avec The Allfather Awakens, le groupe ne cherche donc pas à renier son identité : il la muscle, l’affûte et repart au combat.

 

Dès « Gjallarhorn », les choses sont claires : guitares mélodiques, batterie conquérante et growl immédiatement reconnaissable de Johan Hegg. Amon Amarth sait toujours écrire des riffs qui donnent envie de lever le poing avant même d’avoir compris ce qui nous arrive. « Eight Legs of Thunder » accélère encore le mouvement avec ses guitares galopantes et son énergie franchement communicative, tandis que « Kvasir’s Blood » apporte une couleur plus sombre, avec des arrangements qui renforcent le côté guerrier et épique de l’ensemble.

Mais ce qui fonctionne particulièrement bien ici, c’est le sens du contraste. « We Rule The Waves » joue clairement la carte de l’hymne fédérateur : refrain massif, mélodie imparable et ce petit quelque chose qui donne immédiatement envie de l’entendre résonner devant une foule immense. À l’inverse, « Upphaf » constitue la véritable surprise du disque. Entièrement acoustique, cette parenthèse inspirée de la Völuspá laisse momentanément les grosses guitares au vestiaire. Et contre toute attente, ça fonctionne. Le morceau apporte de l’air à l’album et permet de mettre davantage en valeur les mélodies et la dimension narrative du groupe.

Évidemment, la pause ne dure pas. « Die With a War Cry » remet rapidement les hostilités en route avec des riffs plus agressifs et une ambiance particulièrement sombre. « Raven God » et « The Allfather Awakes » poursuivent dans cette veine, avec cette combinaison désormais bien maîtrisée entre lourdeur, mélodie et efficacité. Rien de révolutionnaire, certes, mais une exécution suffisamment solide pour éviter l’impression d’un simple copier-coller de leur propre discographie.

Et c’est probablement là que réside la force de ce treizième album : Amon Amarth connaît parfaitement ses armes. Les deux guitares travaillent les mélodies sans perdre le poids du death metal, la section rythmique reste redoutablement efficace et Johan Hegg n’a évidemment rien perdu de cette voix qui pourrait probablement faire trembler un drakkar à quai. La production de Jacob Hansen donne à l’ensemble une puissance moderne et massive, tout en laissant respirer les différents éléments.

La fin du disque réserve encore quelques belles cartouches. « Oden’s Hunt » remet un sérieux coup d’accélérateur avec une approche plus nerveuse, tandis que « Ascending Like an Eagle », plus développée, offre une conclusion épique qui prend le temps de faire monter la tension. Une manière plutôt élégante de refermer le chapitre.

 

The Allfather Awakens ne bouleverse pas la mythologie Amon Amarth et ne cherche clairement pas à le faire. En revanche, le groupe semble particulièrement à l’aise avec sa formule, en jouant davantage sur les nuances, les ambiances et les contrastes. C’est massif, mélodique, guerrier et terriblement efficace, avec suffisamment de petites variations pour maintenir l’attention.
Bref, Odin peut ranger son CV : l’Allfather est réveillé, et il a encore quelques riffs sous le coude.