The Pain Made Me Who I Am, AXTY
21 août 2026 0 Par Chacha
La douleur forge, transforme, laisse des cicatrices… mais elle peut aussi devenir un sacré carburant. C’est précisément autour de cette idée qu’AXTY construit The Pain Made Me Who I Am, premier album du trio brésilien chez Napalm Records. En 12 titres et environ 34 minutes, le groupe mélange metalcore, deathcore, djent et quelques touches nu-metal pour proposer une musique aussi brutale qu’émotionnelle.
Dès « Pain Made Me », AXTY pose les bases : guitares accordées bien bas, rythmiques massives, samples et ambiance presque cinématographique avant de laisser « Who I Am » véritablement ouvrir les hostilités. Le contraste entre les passages deathcore polyrhythmiques, les refrains metalcore mélodiques et les interventions vocales plus modernes fonctionne particulièrement bien. Felipe Hervoso passe avec une facilité assez insolente des screams ravageurs aux voix claires, donnant au morceau une vraie dynamique plutôt qu’une simple succession de murs de son.
L’un des gros atouts de l’album réside justement dans cette capacité à alterner violence et respiration. « All I Love » fait parler la poudre avec ses riffs tortueux et ses patterns de batterie hypnotiques, tandis que « Fragile » ou « With Me » laissent davantage de place à la mélodie et à l’émotion. Et quand AXTY décide de remettre une couche, « Nothing But Pain » porte particulièrement bien son nom : riffs écrasants, groove moderne et énergie suffisamment compacte pour transformer n’importe quelle fosse en zone sinistrée.
Derrière cette déferlante, les paroles suivent un fil conducteur cohérent : transformer les expériences douloureuses et l’adversité en force, sans pour autant glorifier la souffrance. Musicalement, le groupe traduit cette idée par des oppositions constantes entre passages lourds et moments plus lumineux. C’est d’ailleurs ce qui évite à l’ensemble de tomber dans le deathcore monolithique où chaque breakdown finit par ressembler au précédent.
Et puis arrive « End This », qui clôt l’album avec une approche plus alternative et quelques accents nu-metal. Un choix plutôt malin pour terminer sur une couleur différente et rappeler qu’AXTY ne souhaite manifestement pas choisir entre brutalité et accessibilité.
Avec The Pain Made Me Who I Am, AXTY livre un album moderne, nerveux et surtout suffisamment varié pour ne pas se contenter d’empiler les breakdowns. La production massive, le travail rythmique et les variations vocales de Felipe Hervoso donnent du relief à un ensemble qui sait cogner fort tout en conservant une vraie dimension mélodique. Rien de révolutionnaire à chaque seconde, certes, mais une identité qui commence sérieusement à prendre forme. AXTY vient de transformer la douleur en metalcore/deathcore : et franchement, ça fait plutôt mal.


