Peace When I’m Dead, OCEAN SLEEPER

Peace When I’m Dead, OCEAN SLEEPER

21 août 2026 0 Par Chacha

 

Après plusieurs années à faire évoluer son metalcore, OCEAN SLEEPER revient enfin avec Peace When I’m Dead, un deuxième album qui porte plutôt bien son nom : ici, la paix intérieure semble avoir été définitivement rayée du planning. Après un premier album sorti en 2019 et plusieurs années de maturation, le quatuor australien revient avec une formule plus sombre, plus ambitieuse et davantage teintée d’indus.

 

Dès Every Part Of Me, le groupe pose ses bases : guitares épaisses, rythmiques metalcore solides, screams rageurs et touches électroniques qui donnent de l’espace à l’ensemble. OCEAN SLEEPER sait surtout jouer sur les contrastes, alternant passages franchement brutaux et refrains mélodiques capables de rester en tête sans tomber dans le piège du « couplet qui cogne, refrain qui colle à la radio ». Break The Cycle et My Forever Drug illustrent parfaitement cette capacité à mélanger efficacité et agressivité.

Mais c’est lorsque le groupe lâche vraiment les chevaux que l’album devient particulièrement intéressant. Punishment déroule un groove massif, porté par des chugs qui donnent immédiatement envie de secouer la nuque comme si notre dernier neurone en dépendait. À l’inverse, Promise apporte une respiration plus rock et mélodique, tandis que Skin Deep réussit à faire cohabiter puissance, émotion et quelques arrangements électroniques bien sentis.

Musicalement, Peace When I’m Dead est lourd, mais son véritable poids vient surtout de ses thématiques. Deuil, culpabilité, regrets, conflits intérieurs et difficulté à accepter ses propres démons traversent le disque. Le morceau-titre résume particulièrement bien cette approche : plutôt que de prétendre avoir trouvé la solution miracle, OCEAN SLEEPER assume l’idée que certaines batailles intérieures ne disparaissent jamais vraiment.

Cette dimension émotionnelle fonctionne d’autant mieux que les voix savent jouer sur plusieurs tableaux. Les screams de Karl Spiessl apportent la violence nécessaire aux passages les plus tendus, tandis que les parties clean d’Ionei Heckenberg ouvrent de véritables fenêtres mélodiques. Le tout est servi par une production moderne et particulièrement propre, avec un travail de mixage/mastering signé Jeff Dunne, connu notamment pour ses collaborations avec MAKE THEM SUFFER, DISTURBED ou KNOCKED LOOSE.

 

Avec Peace When I’m Dead, OCEAN SLEEPER ne cherche pas à réinventer le metalcore et ce n’est finalement pas ce qu’on lui demande. Le groupe maîtrise suffisamment ses ingrédients pour proposer un disque cohérent, accrocheur et surtout capable de passer de la grosse mandale au refrain mélancolique sans perdre son identité. Take Me To The Grave, particulièrement nerveux, clôt d’ailleurs l’album sur une note aussi intense qu’émotive.

Un album moderne, sombre et accessible, qui devrait parler autant aux amateurs de riffs bien gras qu’à ceux qui aiment quand le metalcore vient gratter là où ça fait mal. OCEAN SLEEPER n’a peut-être pas trouvé la paix… mais musicalement, le voyage vaut largement le détour.