One Assassination Under God- Chapter 2, MARILYN MANSON
14 août 2026 0 Par Chacha
Deux ans après One Assassination Under God – Chapter 1, Marilyn Manson revient avec le deuxième volet de ce qui ressemble de plus en plus à un véritable travail de reconstruction artistique. Sorti ce 14 août 2026 chez Nuclear Blast, One Assassination Under God – Chapter 2 est le treizième album studio du Reverend, toujours coproduit et coécrit avec Tyler Bates. Neuf titres, près de 43 minutes : pas besoin d’un pavé de vingt morceaux pour installer un malaise durable.
Et surtout, Manson semble avoir définitivement rangé au placard le personnage qui devait absolument choquer la galerie à chaque coin de refrain. Ici, la noirceur est moins théâtrale, plus intime, plus lourde. Le bonhomme ne cherche plus à être le monstre de service : il préfère nous laisser entrer dans sa tête. Mauvaise idée ? Musicalement, absolument pas.
Musicalement, Manson et Tyler Bates misent sur des guitares lourdes, des textures industrielles et des ambiances gothiques plutôt que sur la démonstration technique. « Unalive » ouvre parfaitement le bal avec ses riffs pesants et sa tension permanente, tandis que « Front Toward Enemy » apporte davantage de mordant. La production, dense mais suffisamment lisible, laisse également une belle place à la voix de Manson, toujours aussi immédiatement identifiable.
Le disque alterne ainsi entre colère contenue et mélancolie. « All The Vilest Things » se distingue par son côté plus mélodique et accrocheur, alors que « None Of The Suns » et « Lucifer’s Teardrop » plongent davantage dans une ambiance crépusculaire. Les textes évoquent blessures, violence, perte et survie, avec cette imagerie sombre qui colle depuis toujours au personnage, mais sans donner l’impression de simplement rejouer les vieux classiques.
C’est probablement ce qui rend ce Chapter 2 intéressant : Manson semble davantage raconter ses cicatrices que chercher à provoquer. « The Arsonist » en est un excellent exemple, avec une approche plus menaçante et dépouillée, tandis que « Exit Wound » résume assez bien l’esprit général de l’album : industriel, mélancolique et légèrement dérangeant.
La conclusion revient à « Enantiomorph », morceau le plus long du disque, qui prend le temps d’installer une atmosphère presque funèbre. Une manière élégante de terminer un album qui préfère laisser une impression durable plutôt que multiplier les effets de manche.
Avec One Assassination Under God – Chapter 2, Marilyn Manson ne cherche pas à ressusciter le personnage qu’il était il y a trente ans. Il avance, avec ses blessures, ses obsessions et une musique toujours capable de créer ce malaise si caractéristique. Quelques titres ressortent clairement, mais c’est surtout la cohérence de l’ensemble qui séduit.
Pas de révolution, donc, mais une évolution maîtrisée. Et finalement, constater que le Reverend sait encore parfaitement manier les ténèbres sans avoir besoin de ressortir le vieux manuel de provocation, c’est plutôt rassurant.


