Breaking Through, SALIVA
14 août 2026 0 Par Chacha
Il y a des groupes qui passent leur carrière à courir après leur propre passé. Et puis il y a Saliva, qui préfère remettre une bonne dose de carburant dans le moteur et repartir pied au plancher. Avec Breaking Through, les Américains livrent un treizième album qui assume pleinement leur ADN hard rock / nu-metal, sans chercher à faire croire qu’ils ont découvert le metal progressif entre deux répétitions. Treize titres, quelques invités bien choisis et surtout une énergie qui rappelle pourquoi Saliva a marqué les années 2000.
Dès « Hit ‘Em Where It Hurts », le ton est donné : guitares épaisses, batterie carrée et chant de Bobby Amaru qui alterne puissance et phrasé plus rythmé. Saliva ne révolutionne clairement pas sa formule, mais l’exécute avec suffisamment de maîtrise pour que ça fonctionne. La production est moderne, compacte et particulièrement efficace sur les basses et les guitares, donnant à l’ensemble ce côté massif qui sied parfaitement au groupe.
« Cope », avec Trevor McNevan de Thousand Foot Krutch, est probablement l’un des morceaux les plus évidents de l’album. Le titre mélange rap-rock, mélodie et envolées vocales autour de thèmes liés aux combats intérieurs, à la perte de contrôle et à la nécessité de tenir bon.
Même constat sur « Too Broke To Fix », où Austin John Winkler vient apporter son grain de voix reconnaissable. Mais Saliva sait aussi ralentir légèrement la cadence : « Rivers », « Peace Of Mind » ou « Last Goodbye » apportent davantage de respiration et montrent un groupe capable de travailler les ambiances sans perdre son identité.
Ce qui fonctionne particulièrement bien ici, c’est cette manière de regarder dans le rétroviseur sans tomber dans le vieux disque poussiéreux ressorti du grenier. « Sadistic Love » et « Edge Of A Knife » renouent avec cette combinaison de riffs accrocheurs, de groove et de refrains immédiatement mémorisables. On retrouve ce petit côté « début des années 2000 » qui pourrait faire ressortir un vieux t-shirt nu-metal du placard… et franchement, personne ne va s’en plaindre.
Et puis arrive « Longshot », avec Johnny Van Zant de Lynyrd Skynyrd. Une collaboration pour le moins inattendue, mais finalement assez logique : le morceau apporte une touche plus southern rock et donne à l’album une conclusion différente, presque comme si Saliva décidait de finir la soirée autour d’un verre plutôt que de casser les amplis.
Avec Breaking Through, Saliva ne cherche pas à réinventer la roue : ils ont simplement décidé de remettre de l’air dans les pneus et d’appuyer sur l’accélérateur. L’album est direct, mélodique, solide techniquement et surtout bourré de titres taillés pour le live. Quelques morceaux sortent clairement du lot, tandis que les passages plus calmes permettent d’éviter l’effet « gros riff pendant 50 minutes ».
Un album qui ne prétend pas changer le visage du metal, mais qui rappelle efficacement que Saliva sait toujours faire parler les guitares. Et parfois, c’est exactement ce qu’on lui demande.


