Not Your Kingdom, MADBALL
24 juillet 2026 0 Par Chacha
Il y a des groupes qui vieillissent. Et puis il y a ceux qui semblent simplement accumuler les cicatrices sans jamais perdre leur mordant. Plus de trente-cinq ans après ses débuts, MADBALL continue de défendre le hardcore new-yorkais avec la même rage viscérale, sans chercher à suivre les tendances. Not Your Kingdom ne révolutionne pas la formule, mais rappelle pourquoi le groupe reste une référence incontournable : des riffs qui cognent, des refrains taillés pour être hurlés en chœur et cette sincérité brute qui transpire à chaque seconde.
Musicalement, Not Your Kingdom va droit au but. Les guitares privilégient l’impact plutôt que la démonstration technique, épaulées par une section rythmique qui ne laisse aucun répit. Le groove est omniprésent, les tempos alternent intelligemment entre passages écrasants et accélérations typiquement hardcore, tandis que Freddie Cricien éructe chaque ligne avec une conviction qui force toujours le respect. Rien n’est superflu : chaque morceau est pensé pour fonctionner aussi bien dans un casque que dans un pit où les épaules servent de langage universel.
L’album aligne les missiles avec une efficacité redoutable. Flammable met immédiatement les hostilités en marche grâce à son énergie contagieuse, tandis que Rebel Kids s’impose comme un véritable hymne fédérateur, impossible à écouter sans imaginer une foule reprendre le refrain le poing levé. Don’t MisStep et Stab Wounds misent davantage sur l’agressivité pure, avec des riffs secs et des breaks qui sentent bon les circle pits. Plus surprenant, Sunrise et Life’s a Mural apportent une respiration bienvenue sans trahir l’identité du groupe, laissant davantage de place aux mélodies et à une écriture plus introspective. De son côté, Clockwork, porté par la participation de Killing Time, est un clin d’œil assumé aux racines du NYHC et ravira les amateurs de la scène historique.
Comme souvent chez MADBALL, les paroles parlent de loyauté, de famille, de résilience et de refus de se laisser dicter sa conduite. Ce ne sont pas des concepts révolutionnaires, mais ils sont portés avec une authenticité qui fait toute la différence. On croit chaque mot, parce que le groupe les vit depuis des décennies plutôt que de simplement les chanter.
Et forcément, difficile de ne pas imaginer ces morceaux sur scène. Pour avoir vu MADBALL plusieurs fois en concert, impossible de ne pas entendre Not Your Kingdom en pensant à cette énergie brute qui transforme chaque salle en cocotte-minute. Les riffs prennent une autre dimension, les refrains deviennent des cris de ralliement et l’on devine déjà que des titres comme What Say You, Clockwork ou Chase a Dream feront leur petit effet en live. Certains groupes enregistrent des albums en pensant à la scène ; MADBALL donne plutôt l’impression d’avoir directement capturé un concert entre quatre murs.
Au final, Not Your Kingdom ne cherche jamais à réinventer le hardcore, et c’est précisément sa force. MADBALL livre un disque honnête, musclé et fédérateur, fidèle à son ADN tout en restant suffisamment inspiré pour éviter la routine. Une nouvelle démonstration qu’après toutes ces années, les vétérans new-yorkais savent toujours comment faire monter l’adrénaline… et accessoirement rappeler qu’un pit est probablement le meilleur endroit pour faire son cardio.


