Dissenter, HASTE THE DAY
1 mai 2026 0 Par Chacha
Quand Haste the Day revient avec Dissenter, ce n’est pas pour faire de la figuration. Non, ici on parle d’un groupe qui remet les gants, serre les dents et balance un metalcore à la fois moderne et viscéral, avec ce petit goût de “revenez-y” qui donne envie de relancer l’album dès la dernière note.
D’entrée, Cycles pose les bases : riffs acérés, rythmique chirurgicale et production massive. On est clairement dans du metalcore contemporain, mais sans tomber dans le piège du copier-coller aseptisé. Les guitares oscillent entre violence contenue et envolées plus aériennes, tandis que la batterie martèle avec une précision presque vexante pour le commun des mortels. Mention spéciale au travail sur les dynamiques : ça respire, ça explose, ça retombe… et ça repart de plus belle.
Des titres comme Shallows ou Burn montrent à quel point le groupe maîtrise l’équilibre entre brutalité et mélodie. Les refrains accrochent sans devenir sirupeux — un exploit dans un genre où la tentation du chant “FM-core” est toujours à deux breakdowns de distance. Et puis il y a Teeth, véritable banger nerveux qui donne envie de casser quelque chose… ou au moins de hocher la tête très fort dans le métro, au grand désarroi des passagers.
Mais là où Dissenter marque des points, c’est dans ses moments plus nuancés. Liminal, avec la participation de Garrett Russell, apporte une profondeur supplémentaire. L’atmosphère y est plus introspective, presque oppressante, avec un travail sur les textures sonores qui frôle le post-hardcore expérimental. Adrift, de son côté, joue davantage sur l’émotion, laissant filtrer une fragilité bienvenue dans cet océan de riffs tranchants.
Côté paroles, le groupe explore des thèmes de doute, de foi, de lutte intérieure — un terrain qu’ils connaissent bien, mais qu’ils abordent ici avec une maturité accrue. Pas de grandes phrases pompeuses : ça reste direct, parfois même brut, mais toujours sincère. On sent que chaque mot a été pesé, même quand il est hurlé à plein poumons.
Alors oui, Dissenter ne révolutionne pas le metalcore. Mais franchement, est-ce qu’on lui demande ? Pas vraiment. Ce qu’on veut, c’est un album solide, habité, qui tape juste — et sur ce point, Haste the Day fait largement le boulot. Entre efficacité redoutable et moments de grâce plus subtils, le groupe signe ici un retour convaincant, capable de séduire aussi bien les fans de la première heure que les amateurs de breakdowns bien sentis.
En conclusion, Dissenter est le genre d’album qu’on n’analyse pas seulement, mais qu’on ressent — parfois dans la nuque, parfois dans les tripes. Et franchement, c’est déjà une sacrée réussite.


