Artificial Icons, DEFECTS

Artificial Icons, DEFECTS

16 octobre 2026 0 Par Chacha

 

Avec Artificial Icons, DEFECTS entend bien nous rappeler que derrière les apparences soigneusement construites se cachent parfois quelques belles fissures. Le groupe britannique revient avec un metalcore moderne qui joue sur les contrastes, entre riffs massifs, rythmiques incisives, passages mélodiques et envolées vocales chargées d’émotion. Onze titres pour explorer les failles humaines, la perte de repères et les contradictions d’un monde où l’image semble parfois compter davantage que la réalité. Autant dire que les guitares, elles, ne sont pas là pour faire de la figuration !

 

Dès le morceau-titre, DEFECTS impose sa recette : une section rythmique percutante, des guitares accordées pour faire vibrer les murs et une alternance entre chant clair et screams qui donne du relief à l’ensemble. La production, moderne et puissante, laisse respirer les mélodies sans sacrifier la lourdeur des riffs. Le groupe sait aussi jouer sur les ruptures de dynamique, histoire de ne pas nous assommer à coups de breakdowns jusqu’à la perte totale de nos facultés auditives.
« Heresy » enfonce le clou avec une approche plus frontale, tandis que « Where Did I Go Wrong » dévoile une facette plus sensible. C’est justement dans cette opposition entre agressivité et vulnérabilité que DEFECTS trouve son intérêt : le chant de Tony Maue passe de la rage à des lignes mélodiques accrocheuses sans donner l’impression de changer de personnalité en cours de route. Les guitares de James Threadwell et Orlando Morris-Winmill apportent également de la profondeur aux compositions, alternant riffs tranchants, harmonies et respirations bienvenues.
Impossible de passer à côté de « Signs », qui accueille Matthew K. Heafy de TRIVIUM. Sa présence apporte une intensité supplémentaire à ce morceau musclé, où les deux voix se répondent efficacement au milieu de riffs acérés. Une collaboration qui sert réellement la composition, plutôt qu’un simple nom prestigieux posé sur la pochette pour attirer les curieux. Après un « Interlude » aux sonorités électroniques qui offre une pause bienvenue, « Critic » remet les compteurs à zéro avec un groove redoutable et une énergie taillée pour le live. Attention aux cervicales : elles risquent de réclamer une réunion de crise !

Mais Artificial Icons ne se résume pas à une succession de mandales sonores. « State Of Mind » et « The Other Side » privilégient davantage les atmosphères et la mélodie, tandis que « Hollow » retrouve une agressivité plus sombre. Côté textes, DEFECTS aborde les désillusions, les addictions, les combats intérieurs et la difficulté de garder la tête hors de l’eau lorsque tout semble s’effondrer. « All For Nothing » et « Afterglow » prolongent cette dimension introspective, donnant à l’album une portée plus personnelle. La colère n’est jamais très loin, mais elle laisse aussi place à une vulnérabilité qui rend l’ensemble plus humain.

 

En conclusion, DEFECTS livre avec Artificial Icons un album de metalcore solide, accrocheur et suffisamment nuancé pour éviter l’indigestion de breakdowns. Si certains ingrédients restent familiers aux amateurs du genre, l’équilibre entre puissance, mélodies et émotion fonctionne particulièrement bien. Un disque qui cogne, qui accroche et qui sait aussi toucher là où ça fait mal. Bref, les Britanniques ont de quoi faire parler d’eux, et nos cervicales ne leur disent pas merci !