The Hundredth Night, MONNEKŸN
5 juillet 2026 0 Par Chacha
Certaines formations préfèrent en dire beaucoup en peu de temps plutôt que de s’étirer inutilement. C’est exactement l’approche choisie par MONNEKŸN avec The Hundredth Night, un EP de quatre titres qui va droit au but sans jamais donner l’impression de bâcler son propos. En une quinzaine de minutes, le groupe pose les bases d’une identité solide, moderne et particulièrement efficace, quelque part entre metal alternatif, metalcore mélodique et rock nerveux, avec un sens évident de la dynamique.
Dès les premières mesures de Speak With My Ghost, MONNEKŸN affiche ses intentions : des guitares épaisses mais aérées, une section rythmique qui ne se contente pas d’accompagner mais propulse véritablement les morceaux, et un chant capable d’alterner puissance, mélodie et fragilité sans tomber dans la démonstration gratuite. La production, très actuelle, met en valeur chaque instrument sans sacrifier l’énergie brute qui se dégage de l’ensemble.
L’une des grandes forces de The Hundredth Night réside dans sa capacité à équilibrer agressivité et accessibilité. Les riffs sont accrocheurs, les refrains restent rapidement en tête, tandis que les arrangements multiplient les petits détails qui évitent toute impression de linéarité. Les passages plus calmes servent réellement la montée en tension plutôt que de simplement offrir une respiration artificielle.
Les textes explorent des thématiques profondément personnelles : les fantômes du passé, les addictions, les failles psychologiques ou encore les différents masques que l’on porte pour survivre au regard des autres. Sans sombrer dans un misérabilisme pesant, MONNEKŸN traduit ces émotions avec une sincérité qui donne du relief à l’ensemble. Cette dualité entre violence intérieure et volonté d’aller de l’avant irrigue chaque morceau.
Parmi les moments les plus marquants, Blurred Noise impressionne par son intensité progressive. Le morceau joue habilement avec les contrastes et offre probablement l’une des prestations vocales les plus convaincantes du disque. Addict, de son côté, frappe par son efficacité immédiate : riff incisif, refrain fédérateur et une tension qui ne retombe pratiquement jamais. Enfin, Joker clôture l’EP avec une énergie communicative, mêlant groove, mélodies accrocheuses et une pointe d’insolence bienvenue. C’est le genre de morceau qui donne envie d’appuyer immédiatement sur « lecture » une fois le silence revenu.
Ce qui séduit surtout chez MONNEKŸN, c’est cette maturité d’écriture. Malgré le format court, rien ne semble laissé au hasard. Chaque composition possède sa propre identité tout en s’intégrant parfaitement dans un ensemble cohérent. Le groupe évite les clichés du metal moderne en privilégiant des structures vivantes et des émotions crédibles plutôt qu’une accumulation de breakdowns destinés uniquement à faire remuer les nuques — même si, rassurez-vous, vos cervicales auront tout de même droit à leur séance de sport.
Avec The Hundredth Night, MONNEKŸN livre un EP convaincant qui démontre un véritable savoir-faire en matière de composition et une personnalité déjà bien affirmée. Compact, intense et émotionnellement juste, ce premier format court laisse entrevoir un potentiel particulièrement prometteur. Une carte de visite qui donne surtout envie de découvrir ce que le groupe sera capable de proposer sur un futur album.


