TIL THE END, album éponyme
11 septembre 2026 0 Par Chacha
Il y a des groupes qui cherchent à réinventer le death metal mélodique, et puis il y a ceux qui savent parfaitement pourquoi ils aiment ce style et décident de lui remettre un bon coup de polish avant de l’envoyer droit dans les dents. Avec TIL THE END, le groupe éponyme de quatre musiciens expérimentés ne cherche clairement pas à réécrire les fondations du genre : il les dépoussière, les muscle et leur offre une production moderne. Formé autour de membres passés notamment par Nightrage, Armageddon, Mystic Prophecy ou Orgy, le groupe revendique ouvertement l’héritage du fameux son de Göteborg. Et à l’écoute de ces dix titres, difficile de prétendre qu’on ne l’avait pas remarqué…
Dès « From The Beginning (Genesis) », le ton est donné : guitares tranchantes, mélodies incisives, batterie qui ne semble pas franchement avoir été informée de l’existence du bouton « pause », et ce mélange entre agressivité death metal et lignes mélodiques qui donnent immédiatement envie de hocher la tête. Le groupe maîtrise parfaitement les codes du genre, mais ne tombe jamais dans le simple exercice de nostalgie. Les riffs sont précis, les harmonisations de guitares particulièrement efficaces et l’ensemble bénéficie d’une production suffisamment massive pour donner du relief à chaque instrument.
« Lava » vient rapidement confirmer cette impression avec une approche plus explosive, tandis que « Dismal Paradise » joue davantage sur les contrastes. C’est justement dans ces variations que l’album réussit à éviter l’effet « dix titres, même recette, bon appétit ». Le chant d’Antony Hämäläinen apporte une vraie puissance à l’ensemble, passant avec aisance par différentes nuances de growl sans donner l’impression de forcer inutilement.
L’un des aspects les plus intéressants de TIL THE END reste d’ailleurs son équilibre entre mélodie et brutalité. « These Little Voices » et « I’m Falling Apart » apportent une dimension plus sombre et émotionnelle, avec des textes qui semblent davantage tourner autour des tourments intérieurs, de la perte de contrôle et de cette sensation très agréable de vouloir régler tous ses problèmes en criant dans un micro. Spoiler : ça ne fonctionne probablement pas, mais musicalement, ça fonctionne très bien.
Avec « Awakening », le groupe montre aussi qu’il sait construire ses morceaux autrement que par une succession de riffs efficaces. Les arrangements respirent davantage, les guitares gagnent en profondeur et la tension s’installe progressivement avant de repartir à l’assaut. « Hybrid Fragments » porte particulièrement bien son nom avec cette capacité à juxtaposer différentes textures et à faire cohabiter puissance et mélodie sans perdre le fil.
Puis arrive « Cemetery Trees », probablement l’un des morceaux qui possède le plus cette atmosphère sombre et mélancolique propre au death metal mélodique européen. Les guitares y prennent une place presque narrative, avec des mélodies qui restent en tête sans tomber dans le refrain facile. « Higher And Beyond » poursuit sur cette dynamique et apporte une belle sensation d’élévation, avant que « Until The End » ne referme l’album avec une conclusion qui résume plutôt bien la philosophie du disque : mélodie, puissance, efficacité et une volonté évidente de faire vivre cet héritage plutôt que de simplement le reproduire. Le morceau a d’ailleurs été choisi comme single pour accompagner la sortie de l’album.
Avec ce premier album éponyme, TIL THE END livre donc un disque solide, parfaitement maîtrisé et surtout cohérent. Pas besoin ici de chercher le riff le plus bizarre de l’année ou de coller trois styles improbables dans le même morceau pour attirer l’attention : le groupe sait jouer, sait composer et sait surtout comment faire fonctionner le death metal mélodique. Les amateurs de Slaughter of the Soul, des premiers In Flames ou d’un Arch Enemy plus moderne devraient logiquement y trouver leur compte.
TIL THE END ne révolutionne peut-être pas le genre, mais il lui rappelle avec une certaine efficacité pourquoi ces mélodies qui transpercent des riffs bien énervés fonctionnent toujours aussi bien. Et franchement, quand c’est aussi bien exécuté, on ne va pas bouder notre plaisir.


