smile, you’re on camera, WINDWAKER

smile, you’re on camera, WINDWAKER

23 octobre 2026 0 Par Chacha

 

Il y a des groupes qui avancent bien sagement dans leur couloir musical. Et puis il y a WINDWAKER, qui préfère changer de direction en plein virage, quitte à nous laisser quelques secondes pour comprendre ce qui vient de se passer. Avec smile, you’re on camera., le quatuor australien poursuit son exploration d’un metal moderne qui refuse les frontières, entre metalcore, sonorités électroniques, hip-hop et mélodies pop. Mais derrière cette apparente envie de brouiller les pistes se cache un disque plus personnel, où les questions d’identité, de réussite et d’authenticité occupent une place centrale.

 

Souriez, vous êtes sur le point de prendre une claque !

Ce qui frappe d’abord, c’est la capacité de WINDWAKER à passer d’une ambiance à l’autre sans donner l’impression de simplement empiler les idées. Les guitares savent se faire massives, la batterie alterne entre frappe sèche et rythmiques entraînantes, tandis que les textures électroniques apportent une touche presque futuriste à l’ensemble. La production laisse respirer les différentes couches sonores, sans sacrifier l’impact des passages les plus lourds.

Au centre de ce joyeux bazar, Liam Guinane fait des merveilles. Chant mélodique, rap, cris abrasifs : le vocaliste multiplie les approches et donne une véritable personnalité aux compositions. Cette polyvalence est particulièrement efficace sur « DNA », où le débit vocal impose son rythme avant que l’instrumentation ne vienne progressivement épaissir le morceau. Pas besoin de hurler du début à la fin pour se faire entendre : la maîtrise des nuances fait aussi partie de l’arsenal.

Impossible de passer à côté de « click. », qui pousse les curseurs électroniques et l’énergie nerveuse dans leurs retranchements, avec la participation de RinRin. Le morceau possède ce côté imprévisible qui donne envie de relancer immédiatement la lecture. À l’autre bout du spectre, « closer » privilégie les mélodies et une intensité plus émotionnelle. Le contraste fonctionne à merveille, tout comme sur « burn », qui joue avec les changements de dynamique avant de laisser exploser sa facette la plus brutale.

Mais si vous pensez que les Australiens ont oublié comment faire trembler les murs, « victory lap » et surtout « overlord » devraient rapidement vous remettre les idées en place. Riffs incisifs, rythmiques musclées et breakdowns particulièrement ravageurs : les amateurs de sensations fortes ont de quoi se réjouir. WINDWAKER sait également alléger son propos sans perdre son identité, comme le montre « loser », enrichi par la présence de Mikaila Delgado. Son énergie plus punk et ses mélodies accrocheuses offrent une autre couleur à l’album.

Derrière cette diversité, le groupe ne se contente pas de jouer aux apprentis sorciers du metal moderne. Le disque aborde les tensions entre l’image que l’on renvoie et la personne que l’on est réellement, ainsi que les sacrifices nécessaires pour continuer à avancer. Le titre smile, you’re on camera. prend alors tout son sens : dans un monde où chacun semble devoir se mettre en scène, difficile de savoir quand on peut enfin baisser la garde. Cette dimension plus vulnérable équilibre les démonstrations de force et empêche l’album de se résumer à une succession de morceaux conçus pour faire exploser les compteurs.

 

Avec smile, you’re on camera., WINDWAKER livre un album audacieux, accrocheur et suffisamment imprévisible pour retenir l’attention. Tout ne fera pas forcément mouche auprès des amateurs de metalcore traditionnel, mais ce mélange de puissance, de mélodies et d’expérimentations constitue justement sa force. Le groupe préfère prendre des risques plutôt que de reproduire une formule éprouvée, et c’est tout à son honneur. Une chose est sûre : chez WINDWAKER, le sourire est de rigueur, mais les cervicales, elles, risquent de moins apprécier le spectacle.