ícon, VRSTY
23 octobre 2026 0 Par Chacha![]()
Avec VRSTY, les frontières entre metalcore, R&B et pop ressemblent davantage à des suggestions qu’à de véritables règles. Sur ícon, le groupe new-yorkais continue de mélanger les sonorités, les ambiances et les émotions, sans choisir entre riffs musclés et mélodies accrocheuses. Huit titres pour explorer les relations compliquées, les blessures personnelles et les contradictions humaines, le tout avec une approche résolument moderne.
Dès « sugar », VRSTY joue sur les contrastes : une base instrumentale solide, des mélodies presque sucrées et cette capacité à passer d’une atmosphère sensuelle à une énergie plus mordante. Le titre évoque une relation dont on connaît les dangers, mais à laquelle on revient malgré tout. Une sorte de mauvaise habitude sentimentale, sauf qu’ici, elle s’accompagne de guitares saturées ! La voix de Joey Tyler fait toute la différence. Capable de se montrer douce, expressive ou beaucoup plus incisive, elle donne du relief aux compositions et évite que l’ensemble ne se résume à une succession de refrains calibrés.
« face down » et « dear whoever » confirment cette volonté de privilégier l’émotion sans renoncer à l’efficacité. Les arrangements sont soignés, les rythmiques bien en place et les guitares suffisamment présentes pour maintenir un ancrage rock et metal. VRSTY maîtrise particulièrement bien l’art de faire cohabiter puissance et mélodie, même si certaines structures finissent par devenir familières. On reconnaît rapidement la recette, mais elle fonctionne, notamment grâce à ce chant qui navigue avec aisance entre plusieurs registres.
Avec « ez2find », accompagné de Brian Butcher, le groupe ajoute une touche de mordant bienvenue. La collaboration apporte du caractère à un morceau qui profite pleinement de cette énergie supplémentaire. Mais c’est « grief machine » qui donne à l’album une dimension plus vulnérable. Le titre s’inscrit dans une réflexion sur le deuil et la douleur, inspirée notamment par la perte du chien de Joey Tyler. Ici, derrière les sonorités modernes, il y a quelque chose de plus intime : une difficulté à composer avec l’absence et à apprivoiser ses propres émotions.
En fin de parcours, « what’s the point », avec Intervals et Cartographer, vient apporter une couleur différente. L’association ouvre la porte à une approche plus technique et instrumentale, tout en conservant l’identité mélodique de VRSTY. C’est aussi l’un des moments où l’on aurait aimé voir le groupe pousser encore davantage ses expérimentations, histoire de sortir un peu plus des sentiers qu’il connaît déjà.
Au final, ícon est un album qui mise davantage sur l’équilibre que sur la prise de risque. VRSTY sait écrire des morceaux accrocheurs, construire des ambiances et faire passer ses émotions sans sacrifier l’impact des guitares. Quelques compositions auraient gagné à bousculer davantage la formule, mais le chant de Joey Tyler et cette fusion des genres donnent au disque une identité bien à lui. Une sortie efficace et mélodique, idéale pour celles et ceux qui aiment leur metalcore avec une bonne dose de groove et un petit supplément de sensibilité.


