MTNT, HORSKH
25 septembre 2026 0 Par Chacha
Quand la machine décide de muter, mieux vaut ne pas rester trop près des câbles. Avec MTNT, quatrième album des Bisontins de HORSKH, le trio français continue de faire joyeusement exploser les frontières entre metal industriel, EBM, électro et rock sombre. Et si le titre fait référence à « Mutant », ce n’est clairement pas une coïncidence : ici, l’humain, la technologie, le corps, l’intelligence artificielle et toutes les formes de transformation passent dans la moulinette HORSKH.
Dès Bad Glitch, le décor est planté : ça cogne, ça grésille, ça pulse et ça donne immédiatement envie de vérifier si votre système nerveux fonctionne encore correctement. Les guitares sont épaisses, les machines omniprésentes et la batterie apporte cette dimension organique qui empêche l’ensemble de devenir une simple démonstration électronique. HORSKH aime faire danser, mais avec une barre à mine à la place du bâton lumineux.
Et justement, l’une des grandes forces de MTNT réside dans ce contraste permanent. Glow apporte davantage de lumière et de mélodie sans abandonner cette tension mécanique, tandis que Hyperhuman plonge directement dans les questionnements autour de l’humain augmenté, de l’hybridation et de cette frontière de plus en plus floue entre notre corps et la technologie. Musicalement, le groupe pousse également plus loin son côté mélodique et ses influences grunge, tout en conservant cette brutalité industrielle qui constitue son ADN.
Puis arrive Twisted Flesh, probablement l’un des morceaux les plus représentatifs de cette mutation. Les riffs sont lourds, les textures électroniques particulièrement travaillées et la voix de Bastien Hennaut, souvent malmenée par les effets, semble elle-même subir une transformation en temps réel. On retrouve cette sensation de chair confrontée à la machine, parfaitement raccord avec le propos général du disque.
Mais MTNT sait aussi respirer. Quicksand et Dream ouvrent davantage l’espace, laissant apparaître des atmosphères plus troubles et presque hypnotiques. Ces respirations sont importantes : elles permettent aux passages les plus agressifs de reprendre toute leur puissance lorsqu’ils reviennent. Quant à The Party Is Over, son titre pourrait difficilement être plus clair : la fête est terminée, merci de récupérer vos membres à la sortie.
Et puis il y a Connected, qui vient fermer la porte avec Carpenter Brut. Une collaboration particulièrement logique tant les deux univers peuvent se croiser autour de ces sonorités électroniques sombres, cinématographiques et franchement peu recommandables pour quelqu’un qui cherchait simplement une petite musique d’ambiance.
Sur le plan de la production, HORSKH ne laisse rien au hasard. Chaque couche semble avoir été pensée pour trouver sa place dans un ensemble dense mais lisible : les basses cognent, les synthés saturent, les guitares découpent et la batterie conserve suffisamment de présence pour donner du relief à toute cette mécanique. Le groupe revendique d’ailleurs un énorme travail sur chaque son et chaque partie, avec l’envie de construire un disque à la fois homogène et complexe.
Avec MTNT, HORSKH ne cherche donc pas simplement à refaire ce qu’il sait déjà faire. Le groupe pousse ses curseurs plus loin : plus violent, plus mélodique, plus grunge, plus industriel, mais surtout plus aventureux.
Un album qui parle de mutation tout en la mettant directement en pratique. Et franchement, si toutes les mutations génétiques donnaient des résultats pareils, je commencerais presque à envisager de remplacer quelques pièces détachées moi-même.


