AS IT IS, album éponyme

AS IT IS, album éponyme

17 juillet 2026 0 Par Chacha

 

Il y a des retours qui sentent l’opération marketing à plein nez, et puis il y a ceux qui donnent réellement l’impression que le temps s’est arrêté… avant de repartir sur de meilleures bases. Avec son album éponyme, As It Is retrouve sa formation originelle et, surtout, l’état d’esprit qui avait permis au groupe britannique de s’imposer comme l’un des noms les plus attachants de la scène pop punk moderne. Sans renier les expérimentations plus sombres de ces dernières années, le quatuor semble ici avoir retrouvé le plaisir simple d’écrire des morceaux sincères, accrocheurs et débordants d’énergie.

 

Musicalement, As It Is réussit un exercice délicat : satisfaire les nostalgiques sans donner l’impression de recycler le passé. Les guitares retrouvent cette brillance typique du pop punk des années 2010, alternant riffs incisifs et arpèges lumineux, tandis que la section rythmique se montre d’une efficacité redoutable. Rien n’est laissé au hasard : les refrains explosent naturellement, les montées en puissance sont parfaitement amenées et la production, moderne sans être aseptisée, laisse respirer chaque instrument. Le chant de Patty Walters reste le véritable fil conducteur de l’ensemble. Tantôt fragile, tantôt explosif, il navigue avec une aisance déconcertante entre mélancolie et euphorie, donnant une authenticité immédiate aux compositions.

Là où l’album frappe le plus fort, c’est dans son équilibre émotionnel. Les textes évoquent les erreurs passées, les relations qui marquent une vie, la difficulté de grandir sans perdre son identité et cette quête permanente d’un peu de lumière dans le chaos. Derrière leurs mélodies fédératrices, « Do You Remember? », « Lightless Sun » ou encore « If I Ever Lost You » dévoilent une écriture plus mature qu’il n’y paraît, où la nostalgie ne vire jamais au misérabilisme. À l’inverse, « I’m So Alive! » ouvre les hostilités avec une énergie communicative qui donne immédiatement le ton, tandis que « Last At The Party » retrouve ce sens de l’autodérision et des hymnes générationnels qui ont longtemps fait la force du groupe. Et puis il y a « What If It All Works Out », véritable bouffée d’optimisme, qui rappelle qu’As It Is sait toujours écrire ces refrains qui restent coincés dans la tête plusieurs heures après la dernière écoute.

Si l’album ne cherche jamais à révolutionner le genre, il n’en a d’ailleurs aucune prétention. Il préfère miser sur l’honnêteté, les émotions et un songwriting particulièrement soigné. Ce retour aux sources sonne moins comme un regard tourné vers le passé que comme une réconciliation avec ce qui faisait l’ADN du groupe : des chansons qui parlent autant au cœur qu’aux jambes, parce qu’il est finalement impossible de ne pas battre la mesure en les écoutant.

 

Avec ce disque éponyme, As It Is ne signe peut-être pas l’album le plus audacieux de sa carrière, mais sans doute l’un des plus sincères. Une œuvre qui rappelle pourquoi le groupe avait su séduire toute une génération de fans de pop punk, tout en prouvant que le temps, les épreuves et les détours peuvent parfois rendre une réunion encore plus pertinente. Un retour réussi, chaleureux et authentique, qui donne surtout envie d’une chose : que cette formation originelle soit là pour durer.