PRONG, album éponyme
6 novembre 2026 0 Par Chacha
Avec un nom aussi simple que celui de son groupe, Tommy Victor semble vouloir remettre les compteurs à zéro. Pour son arrivée chez Napalm Records, PRONG revient avec un album éponyme qui revendique haut et fort son identité : un mélange de groove metal, de thrash, de hardcore new-yorkais et de sonorités industrielles. Onze morceaux pour rappeler que, malgré les années, le trio n’a rien perdu de son goût pour les riffs abrasifs et les rythmiques qui cognent. Et autant dire que le groupe ne vient pas distribuer des poignées de main !
Dès « The Banner », le ton est donné : riffs incisifs, accélérations thrash et refrain accrocheur, le tout porté par une production particulièrement puissante. PRONG joue sur les contrastes, alternant passages rapides, groove massif et séquences plus mélodiques sans jamais perdre en cohérence. « New Commission » pousse encore davantage le curseur dans le rouge avec son énergie débridée, ses guitares dissonantes et son approche franchement frontale. Du côté de « The Uprising », les textures industrielles viennent assombrir l’ensemble, tandis que « Uncertain Truth » laisse davantage respirer les mélodies et démontre que Tommy Victor sait aussi travailler l’efficacité des refrains.
Mais ne vous y trompez pas, les moments de douceur ne sont pas franchement légion ! « Fear The Sun » renoue avec un groove particulièrement musclé, dans une veine qui rappelle les grandes heures de Beg To Differ. Les riffs sont lourds, la batterie martèle sans relâche et l’ensemble possède ce côté immédiatement entraînant qui donne envie de remuer la tête sans forcément demander l’autorisation à ses cervicales. « Proportionate Response » et « Simulated Drowning » poursuivent cette offensive avec une belle dose d’agressivité, tandis que « Transgression », plus expéditif, mise sur l’efficacité plutôt que sur les détours inutiles.
Derrière cette déferlante sonore, les textes de Tommy Victor abordent des thématiques plutôt sombres et confrontent l’auditeur à des questions de vérité, de responsabilité, d’altruisme et de dérives humaines. Une vision peu optimiste du monde, qui trouve naturellement sa place dans cette musique tendue et parfois oppressante. La conclusion revient à « Our Continuance », un morceau plus développé qui joue sur une progression menaçante, des textures synthétiques et des ruptures rythmiques pour refermer l’album avec une belle intensité.
Côté production, le travail d’Andy Sneap au mixage et au mastering apporte une précision redoutable à l’ensemble. Chaque instrument trouve sa place, les guitares conservent leur mordant et la batterie frappe avec une puissance parfaitement maîtrisée. Le résultat est massif, net et sans fioritures, exactement ce qu’on attend d’une formation de cette trempe.
Avec ce nouvel album, PRONG ne cherche pas à courir après les tendances ni à réinventer artificiellement sa recette. Le groupe préfère remettre en avant ce qui fait sa force depuis des décennies : des riffs solides, un groove imparable et une agressivité qui ne s’excuse jamais. Un disque qui porte parfaitement son nom et qui rappelle qu’on peut avoir de la bouteille sans avoir besoin de lever le pied !


