Fatal Paradox, HATEBREED

Fatal Paradox, HATEBREED

6 novembre 2026 0 Par Chacha

 

Avec Hatebreed, inutile de chercher midi à quatorze heures : on sait généralement à quoi s’attendre, et c’est précisément pour ça qu’on revient. Depuis plusieurs passages sur scène, j’ai toujours le même constat : cette machine de guerre américaine ne m’a jamais lassée. Une bonne dose de hardcore, des riffs qui cognent comme une porte de coffre-fort en pleine figure et une énergie capable de remettre sur pied un mort. Avec Fatal Paradox, le groupe remet les compteurs à zéro… ou plutôt les décibels dans le rouge !

 

Onze titres pour un peu plus de trente minutes de déferlante, et Hatebreed ne semble toujours pas connaître le sens du mot concession. Les guitares balancent des riffs massifs, taillés pour déclencher des mouvements de foule incontrôlables, tandis que la section rythmique déroule un véritable tapis de béton armé. Côté chant, Jamey Jasta reste fidèle à lui-même : une voix rugueuse, autoritaire, qui ne demande pas gentiment de se bouger, mais l’ordonne. L’ensemble conserve cette recette entre hardcore et metal qui fait la force du groupe : une efficacité redoutable, des compositions directes et une intensité qui ne retombe quasiment jamais.

Parmi les morceaux qui accrochent particulièrement, « Kill Count Increase » donne immédiatement le ton avec son approche frontale, tandis que « Decisions Become Destinies » et « Total Invincible » incarnent parfaitement cette capacité à transformer quelques riffs bien sentis en véritables hymnes à la résistance. Le morceau-titre « Fatal Paradox » poursuit dans cette veine, avec une lourdeur et une agressivité qui font mouche. On appréciera également « Sacrifice Season », marqué par la présence de John Tardy, dont l’intervention apporte une couleur supplémentaire à cette déferlante. Une collaboration qui ne fait clairement pas dans la dentelle ! À l’autre extrémité, « None Left to Save » prend davantage son temps avec ses 6 minutes 34, offrant une respiration plus développée sans renoncer à la puissance qui caractérise l’album.

Sur le fond, Hatebreed reste fidèle à ses thématiques de prédilection : la volonté de ne pas plier, les choix qui façonnent nos destins, la confrontation avec ses propres démons et cette nécessité de continuer à avancer malgré les obstacles. Une philosophie combative qui colle parfaitement à cette musique faite pour encaisser les coups et rendre les suivants. La reprise de « Poison Planet » de Corrosion of Conformity vient finalement refermer l’album avec une dernière décharge, courte mais efficace.

 

En conclusion, Fatal Paradox ne cherche pas à réinventer Hatebreed, et franchement, personne ne leur a demandé de troquer leurs guitares contre des ukulélés ! Le groupe maîtrise toujours aussi bien son art du rouleau compresseur, avec des compositions percutantes et une énergie communicative. Une sortie qui parlera avant tout aux amateurs de hardcore musclé, mais surtout une nouvelle preuve qu’après toutes ces années, Hatebreed reste une valeur sûre. Pour ma part, les ayant vus plusieurs fois sur scène sans jamais m’en lasser, je signe volontiers pour une nouvelle dose de cette violence musicale qui fait un bien fou !