Everything Under The Sun, NICKELBACK

Everything Under The Sun, NICKELBACK

5 novembre 2026 0 Par Chacha

 

Avec Nickelback, on sait généralement à quoi s’attendre : des riffs accrocheurs, des refrains capables de faire chanter une salle entière et cette voix éraillée de Chad Kroeger que l’on reconnaîtrait entre mille. Mais après toutes ces années, le groupe canadien a-t-il encore quelques surprises dans sa manche ? Avec Everything Under The Sun, son onzième album studio, il entend bien rappeler qu’il n’a pas dit son dernier mot. Douze morceaux pour un peu moins de 45 minutes, entre gros rock fédérateur, mélodies plus sensibles et quelques escapades musicales inattendues. La recette est familière, certes, mais Nickelback n’a visiblement pas l’intention de se contenter de réchauffer ses vieux riffs.

 

Dès les premières secondes de « Rattle The Cage », le ton est donné. Guitares épaisses, batterie particulièrement énergique et chant rageur : Nickelback ouvre les hostilités avec un morceau taillé pour la scène. La présence de John 5 apporte une belle dose de folie à l’ensemble, notamment avec un solo particulièrement incisif. Dans la même veine, « Bones For The Crows » s’impose comme l’un des gros morceaux du disque. Son refrain puissant, ses guitares rugueuses et l’interprétation habitée de Chad Kroeger lui donnent une efficacité redoutable. Du Nickelback comme on l’aime, avec ce petit supplément de mordant qui fait plaisir.

Mais le groupe ne compte pas passer les douze titres à jouer les gros bras. L’album laisse également une place importante aux mélodies et aux émotions. « Leave Me Behind » et « Make Me Love You » explorent une facette plus sensible, avec des refrains accrocheurs et une approche mélodique qui rappelle combien Nickelback sait manier les contrastes. Sur « If I Don’t Go », les sonorités empruntent même quelques chemins country, tandis que « Simple Song » joue la carte du morceau fédérateur, avec ses harmonies vocales et son côté hymne à reprendre en chœur. Rien de révolutionnaire, mais une efficacité qui fonctionne.

Là où le disque devient particulièrement intéressant, c’est lorsqu’il ose sortir de ses habitudes. « Technicolor Steamboat » constitue sans doute l’une des surprises les plus inattendues : guitares acoustiques, harmonies vocales chaleureuses et sonorités orientales évoquant le sitar composent une parenthèse psychédélique assez éloignée de l’image habituelle du groupe. Une vraie bouffée d’air frais ! À l’inverse, « Chasin’ Famous » revient à un hard rock plus mordant, avec des riffs saccadés et un texte qui égratigne cette obsession contemporaine pour la célébrité. Difficile de ne pas sourire devant cette petite pique adressée à une société où tout le monde semble vouloir ses quinze minutes de gloire.

Autre moment notable, « Lift Somebody Up » rassemble une sacrée équipe de musiciens invités : Sammy Hagar, Brent Smith (Shinedown), Joe Bonamassa, Zach Myers (Shinedown), Charlie Benante (Anthrax) et Tommy Lee (Mötley Crüe). Une belle réunion de talents au service d’un titre généreux, porté par un message de solidarité et d’entraide. De son côté, « Bottled Dreams » ralentit considérablement le tempo et installe une ambiance plus contemplative, tandis que « Last Night Was Fun » clôture l’ensemble sur une note plus légère, avec une production presque indie et un refrain qui reste facilement en tête.

Côté production, le disque bénéficie d’un son particulièrement soigné : les guitares disposent de suffisamment d’espace pour respirer, la section rythmique conserve toute sa puissance et la voix de Chad Kroeger reste au premier plan. On apprécie surtout cette capacité à passer d’un rock musclé à des compositions plus nuancées sans donner l’impression d’écouter deux albums différents. Quelques passages restent néanmoins très proches des recettes habituelles du groupe, et certaines paroles auraient gagné à être un peu moins convenues. Mais après plus de vingt ans de carrière, Nickelback sait parfaitement où se trouvent ses forces.

 

En conclusion, Everything Under The Sun ne cherche pas à réinventer Nickelback, et c’est probablement ce qui fait sa force. Le groupe assume son identité, soigne ses refrains, sort quelques belles surprises de son chapeau et prouve qu’il lui reste de l’inspiration. Entre gros riffs, mélodies fédératrices et escapades plus inattendues, ce onzième album offre un bon équilibre entre nostalgie et envie d’avancer. Pas besoin de décrocher la Lune quand on sait encore faire trembler les amplis !