Trauma, NASTY
23 octobre 2026 0 Par Chacha
Il y a des groupes qui vous mettent dans l’ambiance, et puis il y a NASTY, qui préfère vous envoyer directement dans le décor. Après une énorme claque au Hellfest, le groupe m’avait laissée avec une seule certitude : sur scène, c’est un véritable bulldozer. Avec Trauma, NASTY remet les gaz et ne semble pas franchement décidé à lever le pied. Ici, pas de détour inutile ni de caresse dans le sens du poil : le hardcore se vit à coups de riffs massifs, de rythmiques écrasantes et de vocaux qui donnent l’impression que chaque mot est arraché à la gorge.
Musicalement, le groupe connaît parfaitement son terrain de jeu. Les guitares sont épaisses, la basse renforce cette sensation de poids et la batterie alterne entre passages rapides et ralentissements particulièrement vicieux. Car toute la force de NASTY réside dans sa capacité à jouer avec les tensions : ça accélère, ça cogne, puis ça s’arrête presque pour mieux repartir dans un breakdown qui ne demande qu’à déclencher une émeute. Rien n’est là pour faire joli, tout est pensé pour frapper fort. Et si vous cherchiez une bonne occasion de vérifier la résistance de vos cervicales, vous venez de la trouver.
Derrière cette déferlante, les titres abordent aussi des sujets qui ne prêtent guère à sourire. « Sell Myself » et « No Love Where The Money Is » font notamment écho aux compromis et aux rapports de force d’un monde où l’argent peut prendre le dessus sur les valeurs humaines. Sur ce dernier morceau, Florent Salfati de LANDMVRKS vient ajouter sa voix à celle du groupe, tandis que « Kernel Panic », avec Eternal Enemy, renforce encore cette impression de confrontation permanente. « Tunnelblick », avec KDM Shey, apporte quant à lui une couleur différente en mêlant la brutalité de NASTY à une approche plus proche du rap. De quoi varier les impacts sans perdre le fil conducteur de l’album.
Avec « Warrior », le groupe mise sur une énergie combative qui colle parfaitement à son identité, tandis que « Winter In Belgium » intrigue par son titre. Une ballade mélancolique sur les charmes de la météo belge ? N’espérez peut-être pas trop de douceur ! Chez NASTY, même les sujets les plus ordinaires semblent pouvoir finir en règlement de comptes. L’ensemble reste frontal, rugueux et sans fioritures, fidèle à une formation qui préfère l’efficacité aux démonstrations inutiles.
Avec Trauma, NASTY ne cherche pas à réinventer le bulldozer : il enfonce simplement l’accélérateur. L’album va droit au but, cogne là où ça fait mal et rappelle pourquoi le groupe prend une toute autre dimension sur scène. Après la claque monumentale du Hellfest, difficile de ne pas imaginer ces morceaux déclencher de sacrés remous en concert. Amateurs de finesse, passez votre chemin ; amateurs de gros riffs et de breakdowns capables de remettre les idées en place, avancez. Mais pensez à vous échauffer avant le pit : NASTY ne rembourse pas les cervicales !


