Palace For The People, GRETA VAN FLEET
9 octobre 2026 0 Par Chacha
Greta Van Fleet n’a jamais caché son amour pour le rock des grandes années, et ce n’est pas avec Palace For The People que les frères Kiszka comptent ranger leurs guitares au placard. Trois ans après Starcatcher, le quatuor américain revient avec treize titres qui oscillent entre rock classique, envolées psychédéliques et ambitions presque progressives. La voix théâtrale de Josh, les riffs de Jake et une section rythmique solide composent une nouvelle fois la recette maison. Reste à savoir si le groupe parvient à faire évoluer sa formule ou s’il préfère continuer à faire tourner la machine à remonter le temps.
Un parfum de légende, mais une identité bien affirmée… Dès « Into The Beginning », Greta Van Fleet installe une atmosphère ample et cinématographique, avant de laisser parler les guitares sur « Tear It Down ». Le morceau possède ce côté frontal et accrocheur qui fonctionne particulièrement bien chez le groupe, avec une énergie rock taillée pour les grandes scènes. Jake Kiszka alterne entre riffs incisifs et interventions plus aériennes, tandis que Josh déploie ses montées vocales spectaculaires. Oui, il aime pousser la voix dans ses retranchements, parfois jusqu’à frôler la démonstration, mais cette expressivité fait partie de son ADN.
L’album ne se contente toutefois pas d’aligner les clins d’œil aux seventies. « Lost In The Golden » se distingue par ses sonorités plus exotiques et ses arrangements qui invitent au voyage, tandis que « Touch Again » mise sur une approche plus ample et orchestrale. Le groupe prend le temps de développer ses ambiances plutôt que de foncer systématiquement tête baissée. La production, soignée et puissante, met en valeur les instruments sans effacer cette chaleur organique qui fait le charme du rock joué avec les mains, les amplis et un minimum de sueur.
Côté émotion, « Saw You Stand » apporte une dimension plus intime à l’ensemble. Derrière les envolées vocales, on retrouve une sensibilité qui donne davantage de relief à l’interprétation. Les textes explorent les relations, les sentiments et la quête de soi, tandis que « Heya » apporte une couleur différente au disque, avec une approche plus dépaysante. « Born Into This » vient refermer le voyage en laissant une dernière impression d’ampleur, fidèle aux ambitions du groupe.
Avec Palace For The People, Greta Van Fleet livre un album généreux, élégant et porté par un véritable sens du spectacle. Les musiciens maîtrisent leur sujet, les guitares respirent et Josh Kiszka continue de transformer chaque refrain en numéro de haute voltige. On pourra regretter que certaines recettes soient désormais familières et que le groupe ne prenne pas toujours davantage de risques. Mais quand les compositions décollent, difficile de nier leur efficacité. Greta Van Fleet n’a peut-être pas encore renversé son propre palais, mais il sait toujours comment faire trembler ses murs


