Axis Mundi, IMMINENCE

Axis Mundi, IMMINENCE

2 octobre 2026 0 Par Chacha

 

Il y a des groupes qu’on apprécie, ceux qu’on suit avec plaisir… et puis il y a ceux qui viennent vous chercher quelque part beaucoup plus profondément. Imminence fait clairement partie de la deuxième catégorie. Après les avoir vus plusieurs fois en live et terminé plus d’un concert avec les yeux légèrement humides — oui, même quand on essaie de faire genre « tout va bien » — j’attendais Axis Mundi avec une certaine impatience. Et autant dire que le quintette suédois n’a pas décidé de calmer le jeu.

 

Ce sixième album pousse encore plus loin cette recette devenue leur signature : un metalcore massif, des guitares qui savent parfaitement quand sortir les crocs, des breakdowns qui cognent, mais surtout ce violon d’Eddie Berg qui transforme chaque morceau en véritable voyage émotionnel. Le mariage pourrait sembler improbable sur le papier. Dans les faits, c’est tout simplement prodigieux. Le violon n’est jamais posé là pour faire joli : il dialogue avec les guitares, accentue les tensions, accompagne les passages les plus fragiles et donne à l’ensemble cette dimension presque cinématographique qui distingue immédiatement Imminence.

Et Axis Mundi porte particulièrement bien cette ambition. Pensé comme un véritable univers mythologique, l’album raconte le parcours d’un chevalier condamné à l’immortalité et cherchant la mort, avec cette idée centrale de destinée, de finitude et de sens donné à l’existence. Le groupe ne s’est d’ailleurs pas contenté de créer un disque : cet univers a également été développé à travers un film compagnon, conçu avec Sumerian Pictures.

Musicalement, Imminence semble avoir décidé d’ouvrir encore davantage les portes. The Sword That Never Bends donne immédiatement le ton avec ses changements de dynamique et cette tension permanente entre violence et orchestration. Crestfallen joue davantage sur l’émotion et les envolées vocales, tandis que False Light rappelle que le groupe sait aussi être franchement brutal lorsque les guitares prennent le pouvoir.

Mais c’est peut-être If Not Now, When qui résume le mieux cette volonté de ne pas simplement reproduire une formule. Son riff particulièrement accrocheur flirte même avec des sonorités shoegaze, tout en restant parfaitement identifiable comme du Imminence.

Et puis il y a Leviathan, Shed Your Skin ou encore Power Divine, qui permettent à l’album de respirer et d’alterner intelligemment entre puissance, mélancolie et envolées orchestrales. Eddie Berg passe avec une facilité déconcertante des vocaux clairs, parfois presque vulnérables, à des hurlements beaucoup plus viscéraux. Le contraste fonctionne d’autant mieux que les arrangements de cordes renforcent constamment cette impression de grand spectacle sans étouffer la base metalcore.

La production, elle aussi, participe à cette ampleur. L’album a été autoproduit par le groupe avant d’être enregistré à Göteborg avec l’ingénieur Henrik Udd, avec un travail de production additionnel signé Drew Fulk. Le résultat est dense, précis et suffisamment puissant pour que chaque couche — guitares, batterie, voix, cordes et violon — trouve sa place dans ce gigantesque tableau sonore.

Et puis arrive Exodus. Une conclusion qui condense à elle seule une bonne partie de ce qu’Imminence construit ici : furie, émotion, voix déchirée et final orchestral presque solennel. Une manière parfaite de refermer cette traversée entre lumière et ténèbres.

 

Avec Axis Mundi, Imminence ne se contente pas de poursuivre ce qu’il avait commencé avec The Black. Le groupe élargit son terrain de jeu, approfondit son univers et confirme surtout que son association entre metalcore et violon possède encore énormément de choses à raconter.
Personnellement, difficile de rester complètement objective face à un groupe qui me touche autant. Mais quand la musique arrive à provoquer ce genre de frissons, à la maison comme devant une scène, c’est généralement qu’elle a réussi quelque chose d’essentiel : atteindre sa cible. Et Axis Mundi vise clairement le cœur.