Achilles, AUDREY HORNE

Achilles, AUDREY HORNE

4 septembre 2026 0 Par Chacha

 

Avec Achilles, AUDREY HORNE ne cherche visiblement pas à réinventer la roue. Le groupe norvégien préfère lui mettre un bon coup de pied au cul, l’envoyer dévaler la pente et voir jusqu’où elle ira. Et franchement, ça fonctionne plutôt bien.

 

Dès le morceau-titre, le ton est donné : du hard rock musclé, des riffs accrocheurs, une batterie qui cogne avec précision et surtout cette capacité à mélanger puissance et mélodie sans jamais donner l’impression de calculer ses effets.

Ce qui frappe rapidement sur Achilles, c’est cette maîtrise des contrastes. AUDREY HORNE sait faire parler les guitares, avec des leads parfaitement placés, des solos qui servent réellement les morceaux et des rythmiques suffisamment nerveuses pour rappeler que nous sommes bien chez un groupe qui n’a pas rangé ses amplis au placard. In the Eye of the Hurricane illustre parfaitement cette dynamique, avec une construction efficace et une énergie presque contagieuse.

Le groupe se montre également particulièrement à l’aise lorsqu’il laisse davantage de place aux mélodies. God Damn Beautiful et Pretty Little Lies apportent ainsi une facette plus accessible, sans tomber dans la soupe radiophonique. Les refrains restent mémorisables, mais les guitares conservent suffisamment de mordant pour éviter toute crise d’urticaire chez les amateurs de décibels. Quant à Vampires, il possède ce petit supplément de noirceur et de groove qui lui permet de sortir immédiatement du lot.

Et puis il y a Prodrome et Insanity, qui rappellent que le groupe sait aussi installer une tension plus sombre. Les arrangements sont travaillés sans être surchargés, tandis que la production laisse respirer chaque instrument. La basse n’est pas simplement là pour tenir les murs, la batterie possède du relief et les guitares occupent l’espace avec une belle précision. Bref, techniquement, c’est propre sans être clinique.

Les textes jouent eux aussi sur cette dualité. Derrière les titres évocateurs se cachent des thèmes liés aux relations humaines, aux mensonges, aux démons personnels et à cette fameuse part sombre qui semble toujours rôder quelque part. Hell Is Eternity et Six Feet in the Ground accentuent cette ambiance plus pesante, tandis que Running Through the Night apporte une sensation de mouvement et de liberté presque cinématographique.

Mais c’est surtout la variété des ambiances qui empêche l’album de tourner en rond. AUDREY HORNE ne balance pas onze fois le même morceau avec un changement de chemise. Les compositions évoluent, les tempos respirent et les guitares savent aussi bien rugir que se faire mélodiques. New Star Falling, en guise de conclusion, laisse d’ailleurs une impression plus aérienne et émotionnelle, comme si le groupe avait décidé de terminer la soirée avec les amplis encore chauds mais les lumières progressivement éteintes.

 

Avec Achilles, AUDREY HORNE livre un album solide, accrocheur et surtout doté d’une vraie personnalité. Le groupe maîtrise parfaitement les codes du hard rock et du metal mélodique, mais les utilise avec suffisamment de caractère pour éviter le déjà-vu. Quelques riffs bien sentis, des refrains qui s’incrustent dans le crâne et une interprétation impeccable : la recette n’est peut-être pas nouvelle, mais quand elle est aussi bien exécutée, difficile de faire la fine bouche.

En résumé : pas besoin de chercher le talon d’Achille de cet album… il risque surtout de vous rester dans la tête.