Rats in the Temple, FLOTSAM AND JETSAM

Rats in the Temple, FLOTSAM AND JETSAM

28 août 2026 0 Par Chacha

 

Après près de quatre décennies à écumer les terres du thrash, FLOTSAM AND JETSAM n’a visiblement toujours pas reçu le mémo annonçant qu’il serait temps de ralentir. Avec Rats In The Temple, le groupe américain revient avec treize titres et une idée assez simple : faire parler les guitares, cogner la batterie et rappeler que le thrash peut encore avoir des dents. Et pas des petites. Sorti chez Napalm Records, l’album s’inscrit dans la continuité de I Am The Weapon, tout en poussant davantage le curseur vers un metal massif, technique et parfois franchement épique.

 

Dès Harvesting The Hate, le ton est donné : riffs acérés, batterie précise comme une horloge suisse sous amphétamines et refrain particulièrement accrocheur. Damnation poursuit sur cette lancée avec une efficacité redoutable, tandis que Absolution remet une bonne dose de thrash dans la machine. Les deux guitaristes Michael Gilbert et Steve Conley s’en donnent à cœur joie, alternant accélérations, harmonies et soli sans jamais donner l’impression de vouloir simplement exhiber leurs diplômes de techniciens. La production, confiée au groupe avec Ken Mary puis mixée et masterisée par Jacob Hansen, offre justement suffisamment de puissance et de clarté pour laisser chaque instrument respirer.

Le morceau-titre Rats In The Temple constitue évidemment l’un des gros morceaux de l’album. Plus sombre, plus lourd et particulièrement travaillé, il témoigne d’une vraie ambition dans les arrangements. Le groupe lui-même le présente comme l’un de ses morceaux les plus exigeants techniquement, et cela s’entend : les riffs s’emboîtent avec une précision chirurgicale tandis que les mélodies apportent une dimension presque grandiose.

Mais l’album ne se contente pas de foncer tête baissée. The Ghost Behind My Door apporte une touche plus épique, alors que The Edge Of Nowhere joue davantage sur la tension avant de relancer la machine. Mention spéciale également à A Taste For War, où le propos anti-guerre prend une dimension particulièrement pesante grâce à une rythmique martiale. Les textes plongent globalement dans un univers sombre fait de haine, de trahison, de violence, de souffrance et de guerre : le temple dont il est question ici ressemble finalement beaucoup à notre monde, avec ses murs rongés de l’intérieur.

Et puis il y a Anthem For The Broken, qui réussit à apporter une dimension plus fédératrice sans tomber dans le piège du refrain dégoulinant de bons sentiments. La voix d’Eric A. Knutson reste l’un des grands atouts du groupe : éraillée, puissante, immédiatement reconnaissable, elle donne aux compositions une personnalité que beaucoup de formations de thrash aimeraient posséder.

 

Avec Rats In The Temple, FLOTSAM AND JETSAM ne cherche ni à réinventer le thrash ni à courir après les modes. Et c’est probablement sa plus grande force. Le groupe maîtrise son terrain, mais continue de l’agrandir avec des arrangements plus ambitieux, une production moderne et une écriture qui sait alterner violence, mélodie et passages épiques.

Un album solide, technique sans être démonstratif, sombre sans être plombant et suffisamment accrocheur pour donner envie d’y retourner. Bref, les rats ont envahi le temple… et franchement, ils ont plutôt bon goût.