Feels, HARSH
5 juillet 2026 0 Par Chacha
Le hard rock à paillettes n’a jamais vraiment disparu. Il s’est simplement adapté à son époque, troquant parfois les permanentes improbables contre une production moderne et des refrains calibrés pour rester en tête. Avec Feels, HARSH s’inscrit pleinement dans cette nouvelle vague de groupes qui regardent autant du côté des légendes du glam que des formations actuelles capables de faire cohabiter grosses guitares et efficacité pop. Et le résultat est aussi énergique que terriblement accrocheur.
Dès « Break Your Way », le groupe annonce la couleur : riffs mordants, batterie nerveuse et un chant qui privilégie constamment la mélodie sans jamais perdre en puissance. HARSH maîtrise parfaitement cet équilibre délicat entre une approche musclée héritée du hard rock et une écriture très actuelle, où chaque refrain semble conçu pour être repris en chœur. Derrière cette apparente simplicité se cache un vrai travail d’arrangements, avec des guitares qui alternent entre riffs solides, harmonisations soignées et solos jamais démonstratifs mais toujours pertinents.
L’album enchaîne les morceaux avec une facilité déconcertante. « Fuel To The Fire » injecte une bonne dose d’adrénaline tandis que « Don’t Mess With Me » affiche un côté plus agressif, porté par un groove particulièrement efficace. À l’inverse, « Forever Yesterday » laisse davantage respirer les émotions et montre que HARSH sait ralentir le tempo sans sombrer dans la ballade sirupeuse dégoulinante de sucre. Les textes naviguent entre affirmation de soi, relations humaines, résilience et envie d’avancer, des thèmes certes classiques mais traités avec suffisamment de sincérité pour éviter l’impression de déjà-vu.
Impossible également de passer à côté de « Maniac », véritable concentré d’énergie où le groupe s’amuse avec une rythmique survitaminée et un refrain particulièrement addictif. Plus loin, « Never Gonna See Me Fall » apporte une bonne dose de détermination avec son ambiance conquérante, tandis que « When We’re Together » referme l’album sur une note chaleureuse et fédératrice, presque taillée pour les derniers instants d’un concert où tout le public chante à pleins poumons.
Ce qui fait surtout la force de Feels, c’est son absence totale de prétention. HARSH ne cherche jamais à révolutionner le hard rock ni à impressionner par une démonstration technique permanente. Les musiciens possèdent pourtant largement le niveau nécessaire, mais préfèrent mettre leur talent au service des chansons plutôt que de leur ego. Résultat : tout paraît naturel, fluide et incroyablement efficace. La production moderne renforce encore cette impression, avec un son massif mais suffisamment aéré pour laisser chaque instrument respirer.
On pourrait reprocher à l’ensemble de rester dans une zone de confort stylistique, mais lorsque les compositions sont aussi bien ficelées, difficile de leur en vouloir. Après tout, on ne demande pas à un burger d’être de la haute gastronomie : tant qu’il est généreux, savoureux et donne envie d’en reprendre une bouchée, le contrat est rempli… et Feels coche toutes ces cases avec enthousiasme.
Avec Feels, HARSH signe un album qui rappelle pourquoi le hard rock mélodique continue de séduire génération après génération. Accrocheur, énergique, sincère et porté par un véritable sens de la composition, ce disque constitue une belle démonstration qu’il est encore possible de faire vivre l’esprit du glam moderne sans tomber dans la caricature. Un album qui donne simplement envie de monter le volume… et de laisser les voisins profiter eux aussi du refrain.


