Dear God, THE PRETTY RECKLESS

Dear God, THE PRETTY RECKLESS

26 juin 2026 0 Par Chacha

 

Il y a des groupes qui vieillissent, et d’autres qui gagnent en épaisseur. Après les avoir vus en grande forme sur la scène du Hellfest le week-end dernier, difficile de ne pas retrouver cette même intensité sur Dear God. Plus qu’un simple nouvel album, ce disque ressemble à une plongée dans les zones les plus sombres de l’âme humaine, où colère, résilience et spiritualité s’entremêlent sans jamais sombrer dans le mélodrame.

 

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’équilibre que THE PRETTY RECKLESS parvient à maintenir entre hard rock moderne, grunge, metal alternatif et cette touche bluesy qui fait partie de son ADN depuis ses débuts. Les riffs sont massifs sans chercher la démonstration de force permanente, les guitares respirent, les arrangements sont minutieusement construits et chaque montée en puissance semble pensée pour servir l’émotion avant tout.

Taylor Momsen livre probablement l’une de ses prestations vocales les plus habitées. Tantôt fragile, tantôt rugissante, elle passe d’un murmure presque confessionnel à une explosion de rage avec une facilité déconcertante. Cette palette donne une profondeur supplémentaire à des textes qui explorent la mort, la foi, les démons intérieurs, l’amour destructeur et la quête de rédemption. Derrière l’imagerie sombre, l’écriture reste étonnamment sincère et évite les clichés gothiques dans lesquels d’autres se seraient volontiers perdus.

Si For I Am Death impose immédiatement son caractère avec son groove lourd et ses refrains fédérateurs, Dragonfire fait monter la température grâce à une énergie quasi incendiaire portée par des guitares particulièrement inspirées. À l’opposé, Dear God ralentit le tempo pour offrir l’un des moments les plus émouvants du disque, où la sobriété des arrangements laisse toute la place à l’interprétation de Momsen.

Le groupe sait également surprendre. Spell On You joue habilement avec une ambiance presque mystique, tandis que Eye Of The Storm délivre une tension permanente qui ne retombe jamais. Quant à Devil In Disguise (Michelle’s Song), difficile de rester insensible à son équilibre entre délicatesse et puissance, probablement l’un des morceaux les plus personnels de l’album. Enfin, Dark Days clôt presque le voyage avant que la trilogie Life Evermore, disséminée tout au long du disque, ne vienne relier les différentes facettes de l’œuvre comme un fil rouge. Une construction audacieuse qui donne au disque une véritable cohérence plutôt qu’une simple succession de chansons.

Là où beaucoup de formations misent aujourd’hui sur des productions ultra-compressées et des refrains calibrés pour les playlists, THE PRETTY RECKLESS préfère construire une atmosphère. Les morceaux prennent le temps de respirer, les silences comptent autant que les explosions sonores et chaque instrument trouve naturellement sa place dans le mix. Une approche qui demande parfois plusieurs écoutes, mais qui récompense largement l’auditeur.

 

Avec Dear God, THE PRETTY RECKLESS confirme qu’il n’est plus seulement un excellent groupe de rock emmené par une frontwoman charismatique, mais une formation capable de proposer des albums riches, cohérents et profondément incarnés. Un disque sombre, intense et terriblement humain, qui prend encore plus de sens après les avoir vus défendre leur musique avec autant de conviction sur scène. Une nouvelle réussite qui devrait rapidement trouver sa place parmi les sorties incontournables de cette année.