ScelestVs, AKIAVEL

ScelestVs, AKIAVEL

22 mai 2026 0 Par Chacha

 

AKIAVEL n’a jamais vraiment été du genre à caresser l’auditeur dans le sens du poil, et ce nouvel EP ScelestVs continue de creuser cette veine sombre avec une efficacité chirurgicale. En cinq titres, les Français condensent tout ce qui fait leur force : un death moderne massif, des riffs qui cognent comme une porte de prison et cette capacité à faire cohabiter violence brute et accroches malsaines. Pas besoin de quinze morceaux pour comprendre le message : ici, on vient pour prendre une claque, et repartir avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles.

 

Dès “Blood is my Mirror”, AKIAVEL plante le décor avec un mur sonore aussi compact qu’un blindé lancé à pleine vitesse. Les guitares alternent entre groove écrasant et accélérations nerveuses pendant que la batterie mitraille sans tomber dans la démonstration gratuite. Tout reste au service de l’impact. Et puis il y a la voix d’Auré, toujours aussi monstrueuse, capable de passer d’un growl abyssal à des intonations presque hantées. Une présence qui donne parfois l’impression qu’une entité démoniaque a pris possession du micro… avec un certain sens du rythme, quand même.

“Split Smile” apporte ce côté vicieux qu’AKIAVEL maîtrise particulièrement bien : des breaks poisseux, une tension permanente et ce feeling presque malsain qui donne envie de headbanguer tout en regardant derrière soi pour vérifier qu’il n’y a personne dans la pièce. Le groupe joue énormément sur les contrastes, entre lourdeur suffocante et passages plus aérés, sans jamais casser la dynamique.

Mais le vrai poison du disque, c’est probablement “Say my Name”. Un titre qui s’infiltre dans le cerveau grâce à son groove implacable et ses patterns rythmiques ultra précis. On sent ici tout le travail technique du groupe : les riffs sont ciselés, la basse apporte une profondeur discrète mais essentielle, et chaque relance tombe exactement au bon moment. Ce n’est pas du death qui cherche à impressionner par la vitesse uniquement ; AKIAVEL préfère construire une atmosphère, faire monter la pression et laisser l’auditeur cuire à feu lent.

“Dance with Monsters” porte parfaitement son nom. Le morceau balance entre brutalité et côté presque théâtral, avec un refrain qui reste accroché bien plus longtemps qu’on ne voudrait l’admettre. On imagine très bien le chaos que ce titre doit provoquer en live : nuques détruites, bières renversées et probablement un ou deux cervicales laissées sur le carreau.

Et puis il y a “Daddy Defiled Me”, proposé ici en version live. Un choix loin d’être anodin tant le morceau gagne en sauvagerie au contact du public. Le son reste cru, vivant, avec cette énergie incontrôlable qui rappelle qu’AKIAVEL est avant tout une machine de guerre scénique. Pas de retouches inutiles ni de production aseptisée : ça transpire, ça hurle, ça cogne.

 

Avec ScelestVs, AKIAVEL ne révolutionne pas le death metal moderne, mais le groupe démontre surtout qu’il maîtrise désormais parfaitement son identité. L’EP frappe fort, va droit au but et laisse derrière lui cette sensation délicieuse d’avoir traversé une tempête sonore en riant nerveusement. Court, intense et suffisamment venimeux pour donner envie d’y replonger immédiatement.