Bad Bones, ERIK GRÖNWALL

Bad Bones, ERIK GRÖNWALL

22 mai 2026 0 Par Chacha

 

Entre hard rock moderne, heavy mélodique et grosses montées émotionnelles, Erik Grönwall continue de prouver avec Bad Bones qu’il n’est pas seulement “l’ex-chanteur de Skid Row” ou “le mec qui reprend tout le catalogue metal sur YouTube”. Non, ici, le Suédois balance un disque qui transpire autant la maîtrise vocale que les cicatrices personnelles. Et vu le titre de clôture, Written In The Scars, le message est clair : on n’est pas là pour faire du hard FM de fond sonore pour barbecue du dimanche.

 

Dès Born To Break, l’album démarre pied au plancher avec ce mélange ultra efficace de riffs massifs, de refrains calibrés pour être hurlés en festival et cette voix… cette foutue voix. Grönwall possède toujours cette capacité à passer d’un chant agressif à une envolée mélodique avec une facilité presque insultante. Techniquement, c’est du très haut niveau : placement précis, grain éraillé juste ce qu’il faut, et une gestion des dynamiques qui évite l’écueil du chanteur qui hurle tout le temps “parce que metal = fort”. Merci.

Le morceau-titre Bad Bones résume parfaitement l’identité du disque. Ça groove, ça cogne, ça reste en tête et surtout ça évite le piège du modern metal aseptisé. La prod est massive sans devenir clinique. Les guitares gardent une vraie épaisseur organique, avec des riffs qui sentent davantage la sueur de backstage que le copier-coller numérique sous Pro Tools à 3h du matin.

L’album alterne intelligemment entre puissance et émotion. Praying For A Miracle apporte cette touche plus introspective où Grönwall laisse transparaître toute la fragilité derrière l’armure. Les paroles tournent autour de la résilience, du combat personnel, sans tomber dans le pathos dégoulinant. Ça reste sincère, direct et surtout crédible venant d’un artiste qui a littéralement traversé l’enfer ces dernières années.

Puis arrive Twisted Lullaby, probablement l’un des titres les plus intéressants du disque. Ambiance plus sombre, tension permanente, refrain addictif : le morceau joue davantage sur le ressenti que sur la démonstration de force. On sent une vraie volonté de construire des atmosphères plutôt que d’enchaîner les riffs “muscu et Monster Energy”.

À l’inverse, Hell & Back et How High ramènent immédiatement l’adrénaline avec ce côté hard rock survitaminé qui donne envie de rouler à 140 sur l’autoroute… évidemment dans le respect total du code de la route, n’est-ce pas. Mention spéciale aux guitares sur Hell & Back, particulièrement inspirées, avec un vrai travail sur les harmonies et les textures.

Ce qui frappe surtout sur Bad Bones, c’est l’équilibre. L’album ne cherche jamais à impressionner gratuitement. Chaque morceau sert une ambiance, une émotion ou un refrain suffisamment solide pour rester en tête après l’écoute. Et dans un monde où certains albums modernes ressemblent à des playlists Spotify générées par une IA sous caféine, ça fait franchement du bien.

 

En conclusion, Bad Bones est un disque solide, humain et parfaitement maîtrisé. Erik Grönwall livre ici un album à la fois puissant et personnel, porté par une performance vocale exceptionnelle et une écriture bien plus subtile qu’elle n’en a l’air au premier abord. Pas révolutionnaire, certes, mais suffisamment habité pour marquer durablement. Et parfois, dans le metal moderne, c’est déjà une sacrée victoire.