10 Inches of Pussy Season 1, NASHVILLE PUSSY

10 Inches of Pussy Season 1, NASHVILLE PUSSY

22 mai 2026 0 Par Chacha

 

Avec un blaze pareil, Nashville Pussy n’a jamais eu l’intention de faire dans la dentelle. 10 Inches of Pussy Season 1 est exactement ce qu’on attend du quatuor : un condensé de hard rock sudiste crasseux, de punk’n’roll dégoulinant de bière tiède et de riffs qui sentent l’huile moteur. Quatre titres, pas une seconde pour respirer, et surtout cette capacité intacte à transformer le mauvais goût en véritable art de vivre.

 

Dès “K.S.F.M.”, le groupe balance la sauce sans préliminaires. Guitares grasses accordées pour la castagne, rythmique qui cogne comme un moteur V8 lancé sur une route désertique, et cette production volontairement rugueuse qui garde tout le bordel vivant et dangereux. On retrouve ce mélange typique entre le groove d’un Motörhead sous amphétamines et le côté redneck punk qui a toujours fait le charme de Nashville Pussy. Ça joue vite, fort, mais jamais n’importe comment : derrière l’apparente simplicité, les riffs sont taillés pour rester coincés dans le crâne.

“Jacking Off And Taking Names” résume parfaitement l’esprit du groupe. Le titre est absurde, vulgaire et hilarant… mais le morceau derrière est une vraie machine de guerre. Le refrain est calibré pour les festivals poisseux à trois heures du matin, pendant que les guitares s’échangent des leads nerveux sans tomber dans la démonstration inutile. Nashville Pussy a toujours compris qu’un bon riff vaut mieux qu’un solo de cinq minutes, et cet EP le rappelle avec bonheur.

Le vrai point fort du disque reste peut-être “Gonna Do It Some More”. Plus rock’n’roll dans l’âme, presque boogie par moments, le morceau injecte un groove irrésistible dans la baston générale. La basse claque, la batterie reste minimaliste mais terriblement efficace, et le chant garde ce mélange de provocation permanente et de second degré assumé. Chez eux, les paroles ressemblent souvent à une virée alcoolisée qui aurait mal tourné, mais c’est justement ce qui rend le tout aussi fun : Nashville Pussy ne cherche jamais à être “cool”, et finit donc par l’être naturellement.

Enfin, “Hard Road” apporte une légère touche plus heavy et graisseuse, avec un riff principal qui évoque presque du biker metal à l’ancienne. Le groupe ralentit un peu le tempo pour laisser respirer les guitares, et ça fonctionne parfaitement. On sent les années de scène derrière chaque note : rien n’est surproduit, rien n’est aseptisé, tout transpire le live et la sueur.

 

Au final, 10 Inches of Pussy Season 1 ne révolutionne absolument rien — et c’est précisément ce qui le rend aussi efficace. Nashville Pussy continue de foncer tête baissée dans le mur du bon goût avec un sourire carnassier, en livrant un EP ultra direct, fun et foutrement vivant. Du rock sale, bruyant et sincère, à écouter fort, évidemment.