One Of Us, SELF DECEPTION

One Of Us, SELF DECEPTION

15 mai 2026 0 Par Chacha

 

Avec One Of Us, Self Deception continue de creuser ce sillon hybride entre metal moderne, rock alternatif et grosses influences électro taillées pour les festivals sous stroboscopes. Le groupe suédois n’a jamais caché son amour pour les refrains énormes et les productions ultra léchées, mais ici, il pousse encore plus loin le curseur entre efficacité immédiate et noirceur bien crasseuse. Un disque qui sent autant la sueur des pits que les lendemains de soirée un peu trop chimiques.

 

Dès le morceau-titre “One Of Us”, le ton est donné : riffs syncopés, nappes électroniques qui tapissent le fond et refrain calibré pour être repris par une foule entière, bière en l’air et cervicales en vrac. Self Deception maîtrise parfaitement cette recette moderne où chaque break semble pensé pour déclencher un wall of death. Pourtant, derrière l’emballage massif, le groupe évite souvent le piège du simple produit FM-metal TikTok-compatible grâce à une vraie énergie punk et une sincérité palpable dans les textes.

“Time’s Up” et “Wake Up” frappent particulièrement fort avec leurs rythmiques tendues et cette capacité à alterner passages agressifs et envolées mélodiques sans donner l’impression d’un collage artificiel. La production est énorme, parfois presque clinique, mais le groupe compense par une urgence constante. La batterie claque, les guitares gardent ce grain métallique bien abrasif et le chant joue intelligemment entre lignes mélodiques accrocheuses et rage contenue.

Là où l’album devient vraiment intéressant, c’est quand il accepte de devenir un peu bizarre. “Don’t B e l o n g” installe une ambiance plus pesante et introspective, pendant que “Ketamine Cowboy” débarque comme le cousin toxique qu’on n’avait pas invité mais qui finit par monopoliser toute la soirée. Rien que le titre mérite déjà un haussement de sourcil amusé, mais musicalement, le morceau fonctionne grâce à son groove malsain et son côté presque chaotique. On imagine très bien le titre retourner une salle entière en live.

“The Wedding” surprend aussi par son approche plus théâtrale, presque sarcastique dans son écriture. Self Deception aime jouer avec les contrastes émotionnels : parler d’addictions, de mal-être ou de rejet social avec des refrains tellement fédérateurs qu’on finit par chanter sa dépression comme un hymne de stade. C’est absurde, un peu triste, mais terriblement efficace.

Et puis il y a “Goddamn Me”, excellente conclusion qui résume parfaitement l’album : moderne, mélodique, nerveux et suffisamment accrocheur pour rester en tête pendant des heures. Un final qui confirme que le groupe sait écrire des singles sans sacrifier totalement sa personnalité.

 

Au final, One Of Us ne révolutionne pas le metal moderne, mais il le maîtrise avec une efficacité redoutable. Self Deception réussit à mélanger violence accessible, refrains addictifs et ambiance nocturne déglinguée sans tomber dans la caricature. Un album qui tape fort, danse un peu de travers et sourit probablement avec une dent cassée.