Second Place Superstar, BANKS ARCADE

Second Place Superstar, BANKS ARCADE

25 septembre 2026 0 Par Chacha

 

Quand le metalcore décide de sortir de sa case pour aller faire quelques détours par l’électro, le hip-hop et le R&B, ça peut vite devenir casse-gueule. BANKS ARCADE, eux, semblent avoir décidé de ne surtout pas demander la permission. Avec Second Place Superstar, les Néo-Zélandais continuent de brouiller les frontières entre les genres avec une musique moderne, massive et bourrée de détails. Un album qui ne se contente clairement pas de ressortir la même recette douze fois de suite.

 

Dès « MOVE », le ton est donné. Une ambiance presque futuriste s’installe avant que les guitares ne viennent remettre tout le monde à sa place. La production est énorme, mais surtout travaillée dans ses moindres recoins : les éléments électroniques ne sont pas là pour faire joli, ils participent pleinement à la dynamique des morceaux. Et derrière le micro, Joshua O’Donnell possède une palette suffisamment large pour passer du chant clair aux screams, avec quelques incursions dans des flows plus proches du hip-hop.

C’est justement cette capacité à passer d’un univers à l’autre qui fait le sel du disque. « DON’T MISS » apporte des rythmiques plus dansantes avant de rappeler brutalement que les guitares ne sont jamais bien loin. « ROCKSTAR » pousse davantage du côté hip-hop et électro, tandis que « MIRROR » joue sur une tension progressive avant de lâcher les chevaux. BANKS ARCADE aiment déplacer les curseurs et casser la structure trop prévisible du morceau de metalcore traditionnel.

« SEVERANCE » figure parmi les titres les plus convaincants dans cet exercice. Les riffs accrochent, les textures électroniques épaississent l’ensemble et les différentes influences s’imbriquent sans donner l’impression d’assister à une réunion de genres musicaux qui aurait très mal tourné. C’est là que le groupe affirme véritablement son identité : moderne, lourd, mélodique quand il le faut, mais surtout difficile à enfermer dans une seule case.

Et puis il y a « YUCK! », qui porte particulièrement bien son nom avec son côté complètement décomplexé. Flows presque rappés, changements d’attitude vocale, gros impacts et énergie communicative : le morceau aurait pu devenir un joyeux bordel, mais BANKS ARCADE gardent suffisamment de maîtrise pour que tout reste cohérent. « SWEAT » et « 000 » poursuivent sur cette lancée avec une approche plus agressive, histoire de rappeler que derrière les expérimentations, les Australiens savent toujours faire parler les guitares.

Mais Second Place Superstar ne repose pas uniquement sur la puissance sonore. Les textes abordent notamment les relations qui se fissurent, la frustration, le désir, le sentiment d’être mis de côté et cette impression de toujours arriver juste derrière quelqu’un d’autre. Le titre de l’album résume finalement assez bien cette sensation : celle de vouloir avancer, de vouloir exister pleinement, tout en ayant constamment l’impression d’être condamné à la deuxième place.

« LAST TIME » et « WAIT » apportent ainsi une dimension plus émotionnelle à l’ensemble. La seconde se distingue particulièrement par sa montée en tension et une interprétation vocale plus vulnérable. Après les passages les plus énervés du disque, ces respirations font du bien et permettent à l’album de ne pas devenir une simple démonstration de puissance.

Et pour terminer, « HAVE FAITH » vient calmer le jeu avec une approche plus atmosphérique. La voix prend davantage de place, les arrangements respirent et l’ensemble laisse une impression presque cathartique. Une conclusion qui fonctionne justement parce qu’elle ne cherche pas à surenchérir après les morceaux précédents.

 

Avec Second Place Superstar, BANKS ARCADE livrent un album dense, moderne et surtout difficile à catégoriser. Metalcore, électro, hip-hop et R&B se croisent sans que le groupe donne l’impression de chercher désespérément une nouvelle recette miracle.
Ici, BANKS ARCADE ne cherchent pas simplement à être plus lourds : ils cherchent surtout à avoir leur propre son. Et franchement, c’est déjà une sacrée bonne raison de leur laisser une place ailleurs que sur le banc des remplaçants.