Night is Calling, DOMINIUM

Night is Calling, DOMINIUM

5 juillet 2026 0 Par Chacha

 

Certains groupes chantent les ténèbres avec un sérieux quasi religieux. Et puis il y a DOMINIUM, qui préfère inviter toute la galerie des monstres classiques à une fête géante où les guitares sont accordées plus bas que les cercueils et où les refrains sont plus contagieux qu’une morsure de zombie. Avec Night Is Calling, les Allemands poursuivent leur cinéma horrifique version metal moderne en livrant un album qui ne révolutionne pas le genre, mais qui sait exactement comment divertir sans jamais tomber dans la caricature.

 

Le véritable point fort de l’album réside dans son incroyable sens du rythme. Chaque morceau semble conçu pour rester en tête après une seule écoute. Les riffs sont massifs sans être écrasants, les mélodies abondent, les claviers apportent juste ce qu’il faut d’ambiance gothique et la production, particulièrement soignée, offre un équilibre impeccable entre puissance et lisibilité. DOMINIUM évolue toujours à la frontière entre le heavy moderne, le melodic death, le power metal et une bonne dose de metalcore mélodique, avec un goût évident pour les refrains fédérateurs.

L’univers horrifique n’est évidemment pas qu’un simple habillage. Les textes revisitent avec beaucoup d’autodérision les grandes figures du fantastique, des vampires aux tueurs légendaires, tout en conservant un second degré assumé. On sent que le groupe aime autant les vieux films d’horreur que les grosses scènes de festivals, et cette passion transpire dans chaque composition. L’ensemble reste suffisamment intelligent pour ne jamais sombrer dans la parodie.

Parmi les morceaux qui marquent immédiatement, The Circus Is In Town ouvre les hostilités avec une énergie communicative et une montée en puissance qui donne immédiatement le ton. Doctor Doctor enchaîne avec un refrain imparable qui risque de rester coincé dans le cerveau pendant plusieurs jours, tandis que Children Of The Night et Nosferatu exploitent parfaitement l’imaginaire vampirique grâce à des orchestrations bien senties et une alternance efficace entre chant agressif et lignes mélodiques. Le morceau-titre Night Is Calling s’impose naturellement comme l’un des sommets du disque grâce à son atmosphère plus sombre et son refrain particulièrement fédérateur.

Impossible également de passer à côté de Jack The Ripper, véritable machine à headbang, ou de Thriller, qui assume pleinement son clin d’œil au roi de la pop tout en le transformant en hymne metal parfaitement calibré. Et puis il y a I Don’t Drink Wine, dont le titre suffit déjà à décrocher un sourire lorsqu’on sait qu’il est chanté par une bande de morts-vivants. L’humour fonctionne justement parce qu’il ne prend jamais le dessus sur la qualité musicale.

Techniquement, le groupe maîtrise parfaitement sa formule. Les guitares jonglent entre riffs tranchants et harmonies accrocheuses, la batterie reste constamment dynamique sans chercher la démonstration gratuite, tandis que le chant alterne growls, voix claires et refrains taillés pour être repris en chœur. Rien n’est laissé au hasard : chaque arrangement vient renforcer cette ambiance de fête macabre qui constitue désormais la signature de DOMINIUM.

Les deux versions acoustiques concluant l’album offrent une respiration bienvenue. Loin d’être de simples bonus anecdotiques, elles mettent en lumière la qualité d’écriture du groupe en dépouillant les morceaux de leur déluge électrique. Une bonne chanson reste une bonne chanson, même sans les amplis poussés à onze.

 

Avec Night Is Calling, DOMINIUM confirme qu’il a trouvé sa propre identité. L’album ne cherche pas à réinventer le metal mélodique, mais il réussit quelque chose de parfois plus difficile : divertir du début à la fin sans sacrifier la qualité des compositions. Accrocheur, énergique, généreux et porté par une identité visuelle et musicale immédiatement reconnaissable, ce deuxième effort devrait séduire aussi bien les amateurs de grosses mélodies que ceux qui aiment leur metal avec une bonne dose de sang… et un sourire en coin. Après tout, quand la nuit appelle, il serait franchement dommage de laisser la messagerie répondre à sa place.