The Real Life Thing, SHOOTING DAGGERS
5 juin 2026 0 Par Chacha
Certaines découvertes de festival laissent un simple bon souvenir. D’autres vous obligent à rentrer chez vous pour immédiatement chercher un disque. SHOOTING DAGGERS appartient clairement à la seconde catégorie. Découvertes lors du Spread of Rage 2025, où elles ont livré l’une des prestations les plus rafraîchissantes de l’édition, les Anglaises débarquent aujourd’hui avec The Real Life Thing, un nouvel album qui confirme tout le bien que l’on pouvait penser d’elles.
À la croisée du queercore, du punk hardcore mélodique et de l’indie rock survitaminé, le trio développe une formule qui ne cherche jamais à réinventer la roue mais qui la fait tourner à pleine vitesse. Dès « Adrenaline », le ton est donné : guitares nerveuses, batterie constamment en mouvement et lignes vocales qui jonglent habilement entre urgence punk et accroche immédiate. SHOOTING DAGGERS possède surtout cette qualité devenue rare : savoir écrire des morceaux courts qui restent durablement en tête.
L’album avance ainsi sans temps mort. « My Oh My! » et le morceau-titre « T.R.L.T. » brillent particulièrement par leur capacité à mélanger énergie brute et refrains fédérateurs. Derrière l’apparente simplicité des compositions se cache un vrai sens de l’arrangement. Les changements de dynamique sont constamment utilisés pour relancer l’attention, tandis que les guitares alternent entre riffs abrasifs et passages plus lumineux sans jamais casser le rythme général.
Les textes constituent également une part essentielle de l’identité du groupe. SHOOTING DAGGERS aborde les questions d’identité, d’appartenance et de résistance avec une sincérité qui évite les slogans creux. Le message passe parce qu’il est vécu, jamais récité. Cette authenticité transpire particulièrement sur « We Just Wanna Play », véritable déclaration d’intention portée par une énergie communicative qui donne immédiatement envie de se jeter dans la fosse.
Parmi les invités, « Loud Mouths », avec les excellentes The Menstrual Cramps, apporte une dose supplémentaire d’insolence et de mordant. Le morceau déborde d’attitude et d’humour, comme une réponse cinglante à tous ceux qui considèrent encore le punk comme un musée plutôt qu’un terrain de jeu. À l’autre extrémité, « GLOW » profite de la présence de Dennis Lyxzén pour offrir l’un des moments les plus marquants du disque. Sans voler la vedette au groupe, la voix du chanteur de Refused ajoute une intensité supplémentaire à un titre déjà particulièrement réussi.
Même lorsque le groupe ralentit légèrement la cadence, comme sur « Le Soleil », il conserve cette capacité à transmettre des émotions sans tomber dans le pathos. C’est d’ailleurs l’une des grandes forces de The Real Life Thing : son équilibre permanent entre colère, optimisme et envie de célébrer la vie malgré tout.
Au final, SHOOTING DAGGERS signe un album aussi engagé qu’efficace, porté par une écriture solide et une énergie contagieuse. Un disque qui confirme que le trio n’est pas seulement une excellente surprise de festival, mais bien l’un des noms à suivre de près sur la scène punk hardcore actuelle. Une belle claque, sincère et lumineuse, qui donne surtout envie de les revoir sur scène au plus vite.


