Master Out + Nashville Pussy @ Crossroad, La Rochelle 01.05.2026
1 mai 2026 0 Par ChachaLe mois de mai démarre fort à La Rochelle avec une soirée placée sous le signe du gros son et de la sueur. Une salle pleine, une ambiance électrique et un public prêt à en découdre : tous les ingrédients étaient réunis pour une nuit de rock comme on les aime.
Reformé après plus de vingt ans d’absence, Master Out signe un retour qui ne passe clairement pas inaperçu. Porté par Carl Ceccarello (chant/guitare), Sylvain Martin (guitare), Antoine Bouchet (batterie) et Guillaume Vincent (basse), le groupe livre un set solide et inspiré.
Dès les premiers riffs, leur univers hybride s’impose : une fusion audacieuse entre shoegaze et metal, oscillant sans prévenir entre nappes atmosphériques et décharges abrasives. Par moments, difficile de ne pas penser à Soundgarden, avant que le groupe ne bifurque vers des terrains plus grunge, stoner ou carrément planants.
Le set est carré, dynamique, avec de vrais reliefs et une maîtrise évidente de leur identité sonore. Une belle découverte, d’autant plus surprenante qu’elle tranche complètement avec la tête d’affiche de la soirée. Leur nouvel EP New Horizon (sorti en février 2025) prend toute sa dimension sur scène : puissant, aérien et habité.

Changement d’ambiance radical avec Nashville Pussy, et dès les premières secondes, le ton est donné : ici, pas de fioritures. C’est du rock brut, viscéral, et ça cogne fort.
Mené par le duo explosif Blaine Cartwright et Ruyters Suys, le groupe enchaîne les riffs avec une énergie hallucinante, sans jamais relâcher la pression. Porté par des morceaux emblématiques comme Pussy’s Not a Dirty Word, Come On Come On, High as Hell, Why Why Why ou encore l’imparable Go Motherfucker Go, le set est une véritable démonstration de force. Ce n’est pas simplement un groupe de hard rock — c’est un niveau au-dessus. C’est l’essence même du rock’n’roll, dans ce qu’il a de plus sauvage et de plus sincère.
La puissance est « in your face », frontale, implacable. Impossible de rester immobile : ça danse, ça saute, ça pogote dans tous les sens. Le public est en fusion du début à la fin, porté par une machine parfaitement huilée. Derrière, Ben Thomas à la batterie et Bonnie Buitrago à la basse assurent avec une efficacité redoutable, plus discrets mais essentiels à cette déferlante sonore.
Côté moments marquants, le groupe n’a pas fait les choses à moitié : visiblement assoiffés, ils partagent une bouteille de Jack Daniel’s sur scène, avant que Blaine Cartwright ne pousse le délire plus loin en retirant son chapeau — révélant au passage une calvitie bien avancée — pour le transformer en récipient à bière improvisé. Rock’n’roll jusqu’au bout.
Et que dire du final ? Ruyters Suys, véritable guitar hero totalement déchaînée, s’allonge sur scène pour un solo furieux, allant jusqu’à détruire toutes les cordes de sa guitare. Complètement zinzin… et absolument génial.

Une soirée comme on en voit trop peu. Entre la surprise Master Out et la claque monumentale Nashville Pussy, le Crossroad confirme qu’il est en train de devenir the place to be pour tous les amateurs de gros riffs.
Un immense merci à Jean père et fils, patrons des lieux, qui nous offrent des concerts d’anthologie et redonnent à La Rochelle une vraie place sur la carte du rock. Parce que non, il n’y a pas que Paris dans la vie — il y a aussi le Sud-Ouest, et il était temps que ça se sache.


