OPVS NOIR Vol. 3, LORD OF THE LOST
10 avril 2026 0 Par Chacha
Avec OPVS NOIR Vol. 3, les Allemands de LORD OF THE LOST bouclent leur ambitieuse trilogie avec une œuvre qui pousse encore plus loin leur mélange signature : un goth metal moderne, dramatique, parfois théâtral, mais toujours solidement ancré dans une écriture efficace. Là où certains projets conceptuels s’essoufflent sur la durée, ce troisième volet confirme au contraire la capacité du groupe à jouer avec les atmosphères sombres tout en gardant un sens aigu du refrain mémorable. Et oui, c’est noir… mais c’est un noir qui brille.
Dès “Kill The Lights”, le ton est donné : riffs lourds, batterie martiale et nappes électroniques qui enveloppent le tout dans une ambiance presque cinématographique. La production est massive mais claire, chaque couche trouve sa place. La voix de Chris Harms oscille entre puissance rock et émotion plus fragile, un équilibre qui devient rapidement la colonne vertébrale de l’album.
Le premier invité arrive avec “I’m A Diamond”, épaulé par Saltatio Mortis. Résultat : un morceau énergique, presque festif dans son ADN médiéval-rock, qui injecte une bonne dose d’adrénaline dans l’album. Les arrangements sont riches sans devenir brouillons, et le refrain a clairement été conçu pour être scandé en live par une foule déjà légèrement éméchée.
Changement de ton avec “My Funeral”, plus introspectif. Les guitares se font plus pesantes, les claviers plus mélancoliques, et l’écriture des paroles plonge dans une réflexion sombre mais étonnamment élégante sur l’ego et la disparition. On est dans un goth metal qui assume pleinement sa dramaturgie, sans tomber dans la caricature.
Puis arrive l’un des moments les plus jubilatoires du disque : “I Hate People” avec Wednesday 13. Tout est dans le titre. Ironique, mordant, presque punk dans l’attitude, le morceau joue avec un humour noir délicieusement cynique. Musicalement, c’est direct, efficace, avec un groove rock qui donne envie de lever un sourcil sarcastique à chaque refrain.
“The Shadows Within” et “Square One” ramènent ensuite l’album vers un terrain plus émotionnel. Les compositions y sont très structurées, avec des progressions harmoniques qui montent lentement vers des refrains cathartiques. Le groupe montre ici son savoir-faire en matière de dynamique : alternance de passages calmes, presque fragiles, et d’explosions orchestrales.
Impossible de ne pas mentionner “La Vie Est Hell”, épaulé par Kissin’ Dynamite. Derrière ce titre délicieusement dramatique se cache un morceau très rock, presque glam par moments, qui apporte une touche de légèreté sarcastique au disque. Comme si le groupe disait : “Oui, la vie est un enfer… mais au moins on peut faire un bon riff dessus.”
La partie finale de l’album devient plus émotionnelle. “When Did The Love Break?” avec Xandria joue sur une dualité vocale très réussie, mélangeant puissance metal et sensibilité symphonique. Les arrangements sont élégants, presque cinématiques.
“Your Love Is Colder Than Death” et “Take Me Far Away” (avec Cats in Space) continuent d’explorer ce mélange entre mélancolie gothique et refrains lumineux. Le groupe maîtrise clairement l’art du contraste : noirceur dans les thèmes, mais accroche mélodique constante.
Enfin, “The Days Of Our Lives” clôt l’album avec une atmosphère plus contemplative. Les textures sonores deviennent plus aériennes, comme si la trilogie prenait un moment pour respirer après cette plongée dans l’obscurité.
Avec OPVS NOIR Vol. 3, LORD OF THE LOST livre une conclusion solide et cohérente à sa trilogie. L’album brille par son sens de la mélodie, sa production dense et ses nombreuses collaborations qui enrichissent réellement les morceaux. Entre goth metal dramatique, rock sombre et moments plus ironiques, le groupe prouve qu’on peut être profondément noir… tout en restant sacrément divertissant. Et au final, c’est peut-être ça, le vrai luxe du noir : pouvoir le décliner dans toutes ses nuances.


