Wilderness of Mirrors, MYRATH

Wilderness of Mirrors, MYRATH

27 mars 2026 0 Par Chacha

 

Il y a des groupes qui suivent les tendances… et d’autres qui les tordent, les colorent, puis les renvoient au monde avec un sourire en coin. MYRATH appartient clairement à la deuxième catégorie. Avec Wilderness of Mirrors, les Tunisiens continuent d’explorer ce qu’ils font de mieux : un metal progressif aux influences orientales, flamboyant, accessible mais jamais simpliste. Et surtout, un sens aigu de la narration musicale qui donne à cet album des allures de fresque théâtrale.

 

Dès “The Funeral”, l’ambiance est posée. Introduction cinématographique, nappes orchestrales, tension contenue… MYRATH ne fait pas dans la demi-mesure. On est ici dans du storytelling pur, presque visuel, comme si l’album levait lentement le rideau sur une scène.

Puis arrive “Until The End”, avec la participation d’Elize Ryd, et là, bim : single imparable. Le duo vocal fonctionne à merveille, entre puissance et mélodie accrocheuse. Le groupe trouve l’équilibre parfait entre metal moderne et refrains taillés pour rester coincés dans le cerveau pendant trois jours (minimum, sans remboursement possible).

“Breathing Near The Roar” enchaîne avec plus de nerf. Riffs précis, rythmique solide, et cette capacité toujours impressionnante à injecter des motifs orientaux sans jamais tomber dans le cliché. Techniquement, le groupe est d’une propreté chirurgicale, mais sans jamais sacrifier l’émotion — ce qui, soyons honnêtes, est un sport de haut niveau dans le metal prog.

Avec “Les Enfants Du Soleil”, MYRATH appuie encore plus son identité. Chant en français, ambiance chaleureuse, presque solaire malgré le fond parfois mélancolique. Le morceau respire, vit, et apporte une belle variation dans l’album.

“Still The Dawn Will Come” joue sur des contrastes subtils. Moins immédiat, plus introspectif, il laisse la place aux textures et aux arrangements. On sent ici un vrai travail de composition, avec des couches qui se dévoilent au fil des écoutes.

Et puis il y a “The Clown”. Alors là… difficile de ne pas sourire. Le morceau est presque espiègle, avec un côté théâtral assumé. MYRATH se permet même une petite touche d’humour musical, sans tomber dans la caricature. C’est léger, mais maîtrisé — comme un funambule qui ferait des blagues en marchant sur son fil.

“Soul Of My Soul” revient à quelque chose de plus émotionnel. Les mélodies sont poignantes, le chant habité, et la guitare vient souligner chaque moment clé avec finesse. On est dans du ressenti pur.

Avec “Edge Of The Night”, le groupe repart sur un terrain plus énergique. Le groove est là, les riffs accrochent, et le morceau fonctionne comme un excellent moteur au cœur de l’album.

“Echoes Of The Fallen” apporte une dimension plus sombre. L’atmosphère se densifie, les arrangements se font plus lourds, et le groupe montre qu’il sait aussi jouer avec l’ombre autant qu’avec la lumière.

Enfin, “Through The Seasons” clôture l’album avec élégance. Une conclusion qui synthétise parfaitement l’esprit du disque : mélodique, riche, et profondément humain.

Côté paroles, MYRATH continue d’explorer des thématiques universelles — la résilience, l’espoir, les cycles de la vie — avec une approche accessible mais jamais naïve. Il y a toujours cette volonté de raconter quelque chose, de faire voyager l’auditeur autant émotionnellement que musicalement.

 

Avec Wilderness of Mirrors, MYRATH signe un album maîtrisé de bout en bout, capable de séduire autant les amateurs de technicité que ceux en quête d’émotions immédiates. C’est beau, c’est bien produit, c’est parfois fun, souvent touchant — et surtout, ça ne ressemble à personne d’autre. Un disque qui prouve, une fois de plus, que le metal peut être à la fois exigeant… et sacrément plaisant.