Where the Light Leaves, VARIALS

Where the Light Leaves, VARIALS

27 février 2026 0 Par Chacha

 

Quand la violence devient introspection

Avec Where the Light Leaves, VARIALS signe un disque charnière, aussi écrasant que profondément introspectif. Fidèle à son ADN hardcore/metalcore, le groupe américain choisit ici de creuser plus loin que la simple déflagration sonore. L’album agit comme une descente progressive vers l’ombre : celle des traumatismes, des ruptures intérieures et de la perte de repères. Une œuvre dense, rugueuse, mais étonnamment réfléchie, qui confirme la capacité du groupe à transformer la colère en langage émotionnel brut.

 

Forger la noirceur : la genèse d’un album cathartique

Where the Light Leaves s’inscrit dans une période de transition pour VARIALS. On y ressent un besoin viscéral de redéfinition, tant sur le plan humain que musical. Le groupe conserve ses racines hardcore — riffs massifs, breakdowns suffocants, rythmique martiale — tout en affinant ses textures et ses dynamiques. Les compositions sont plus aérées, laissant respirer les silences, les dissonances et les ambiances oppressantes.

Cette approche donne naissance à un album pensé comme un tout, presque conceptuel, où chaque morceau semble être une étape supplémentaire dans un processus de chute, puis de confrontation avec soi-même. La production, massive mais précise, renforce cette impression d’étau émotionnel qui se resserre progressivement autour de l’auditeur.

Perte, identité et survie : des thèmes à vif

L’album explore frontalement les thèmes de la perte, de la désillusion et de l’effondrement psychologique. Les paroles évoquent la difficulté de maintenir un sens à l’existence lorsque tout ce qui faisait office de lumière disparaît. Il est question de relations toxiques (No Lie Untouched), de deuil émotionnel (Illusions Of Loss), de lutte intérieure (Conscious Collapse) et d’acceptation douloureuse (Metanoia).

VARIALS évite toutefois le piège de l’auto-apitoiement. La rage reste omniprésente, mais elle est canalisée, presque maîtrisée. Les textes, souvent directs, parfois cryptiques, gagnent en profondeur grâce à cette honnêteté presque inconfortable. L’album devient alors un exutoire, autant pour le groupe que pour l’auditeur.

Titres phares : quand la musique épouse le chaos intérieur

Dès Where The Light Leaves, le ton est donné : un riff écrasant, une montée en tension lente et une explosion contrôlée qui résume parfaitement l’esthétique du disque. No Lie Untouched frappe par son groove pesant et son breakdown implacable, servant un texte sur la trahison émotionnelle et la perte de confiance.

The Hurt Chamber se distingue par son atmosphère claustrophobique, alternant passages étouffants et accélérations violentes, illustrant parfaitement la spirale mentale décrite dans les paroles. À l’opposé, [wouldyoufollowme] et [intothequiet] jouent le rôle d’interludes, presque méditatifs, offrant de courts instants de suspension avant de replonger dans la tourmente.

Enfin, I’ll Find The Dark et Blissful End incarnent la maturité nouvelle du groupe : structures plus nuancées, travail rythmique subtil et émotions à fleur de peau. Le final, Metanoia, sonne comme une transformation inévitable — non pas une rédemption, mais une acceptation lucide de l’obscurité.

 

Avec Where the Light Leaves, VARIALS livre un album exigeant, viscéral et profondément humain. Plus qu’une simple démonstration de force, le disque s’impose comme une œuvre de transition, où la brutalité sert un propos introspectif sincère. Une écoute qui ne cherche pas à rassurer, mais à accompagner celles et ceux qui avancent, coûte que coûte, même lorsque la lumière n’est plus là.