Panorama, HÄLLAS

Panorama, HÄLLAS

30 janvier 2026 0 Par Chacha

 

Un panorama forgé par le temps et l’ambition

Avec Panorama, Hällas poursuit son irrésistible ascension au sein de la scène rock progressif contemporaine. Après avoir patiemment affiné son identité entre hard rock 70’s, prog épique et accents heavy metal, le quatuor suédois livre ici un album à la fois synthèse et dépassement. Conçu comme une œuvre de transition autant que d’affirmation, Panorama marque un moment clé dans la carrière du groupe : celui où l’hommage assumé aux maîtres du passé se transforme en langage propre, mûr et profondément incarné.

 

Quand le rock progressif contemple l’horizon

Né dans un contexte où Hällas tourne intensivement et gagne en visibilité internationale, l’album reflète cette dynamique d’ouverture. Le titre même, Panorama, suggère une prise de hauteur : observer le chemin parcouru, mais surtout scruter l’avenir. Musicalement, le groupe élargit sa palette, affine ses compositions et ose davantage de contrastes, sans jamais perdre le sens de la mélodie ni cette aura mystique qui fait sa singularité.

Entre quête spirituelle et épopée intérieure

Sur le plan thématique, Panorama s’inscrit dans une tradition chère à Hällas : celle du récit symbolique et introspectif. Les textes évoquent le dépassement de soi, la dualité entre foi et doute, l’appel de l’inconnu et la confrontation avec ses propres démons. Plus abstraites que narratives, les paroles laissent volontairement place à l’interprétation, renforçant la dimension intemporelle et presque mythologique de l’album.

Cette atmosphère est portée par une écriture musicale toujours aussi élégante : guitares aériennes, lignes de basse galopantes, claviers discrets mais essentiels, et ce chant haut perché, immédiatement reconnaissable, qui agit comme un fil conducteur émotionnel. Hällas ne cherche pas la démonstration technique gratuite, préférant l’évocation, la montée en tension progressive et le sens du refrain mémorable.

Titres phares : ascensions et révélations

Dès “Above the Continuum”, Hällas impose le ton : une ouverture majestueuse, construite comme une lente ascension, où riffs lumineux et envolées vocales traduisent l’idée de transcendance suggérée par le texte. Le morceau agit comme une porte d’entrée idéale dans l’univers de Panorama, à la fois épique et introspectif.

Plus direct, “Face of an Angel” séduit par son équilibre entre accessibilité et sophistication. Derrière une structure presque classique se cache une réflexion plus sombre sur l’illusion, la chute et la perte d’innocence, portée par un refrain particulièrement accrocheur.
“The Emissary”, quant à lui, renoue avec les longues plages progressives chères au groupe : changements de rythmes, atmosphères contrastées et narration diffuse donnent au morceau une dimension quasi cinématographique.

Avec “Bestiaus”, Hällas explore une facette plus rugueuse, flirtant avec un heavy rock plus sombre et viscéral, tandis que “At the Summit” vient conclure l’album sur une note à la fois triomphale et contemplative, comme un dernier regard jeté depuis les hauteurs conquises.

 

Hällas confirme sa stature

Sans jamais renier ses influences, Panorama confirme Hällas comme l’un des groupes les plus inspirés de la scène rock progressif actuelle. À la fois accessible et exigeant, l’album séduit par sa cohérence, son souffle épique et sa sincérité artistique. Une œuvre qui s’écoute comme un voyage, et qui prouve que le rock progressif, loin d’être figé dans le passé, continue d’explorer de nouveaux horizons.