Same Drug New High, GLUECIFER
16 janvier 2026 0 Par Chacha
Le retour incendiaire d’un gang norvégien qui n’a rien perdu de sa rage
Cinq ans après une reformation saluée par les fans de rock scandinave, Gluecifer confirme qu’il ne s’agissait pas d’un simple feu de paille. Avec Same Drug New High, les Norvégiens livrent un album dense, nerveux et résolument fidèle à leur ADN : un rock’n’roll abrasif, imprégné de punk, de hard rock et d’une attitude toujours aussi insolente. Loin de céder à la nostalgie, le groupe prouve qu’il sait encore parler du présent avec les armes du passé.
Même poison, nouvelle brûlure : la genèse d’un album sans compromis
Enregistré après une longue période de concerts ayant resserré les liens entre les membres historiques, Same Drug New High sonne comme un disque de cohésion. Gluecifer n’essaie pas de se réinventer, mais d’affiner ce qu’il sait faire de mieux : des riffs tranchants, une rythmique martiale et la voix râpeuse de Biff Malibu, toujours aussi charismatique. L’album transpire l’urgence, comme s’il avait été écrit entre deux balances, nourri par l’énergie brute de la scène. Le groupe assume pleinement ses influences — du punk rock old-school au hard rock urbain — tout en les injectant dans une production moderne, sèche et efficace.
Aliénation, excès et contrôle : un miroir tendu à l’époque
Sur le fond, Same Drug New High se montre plus sombre qu’il n’y paraît. Derrière les refrains fédérateurs se cachent des thématiques lucides, parfois cyniques, sur l’addiction, la manipulation et la désillusion contemporaine. Des titres comme “Pharmacity” ou “Mind Control” dénoncent une société sous perfusion, où les promesses de confort et de liberté masquent une forme de dépendance généralisée. “1996”, plus introspectif, évoque le poids du passé et la confrontation entre idéaux de jeunesse et réalité adulte, tandis que “Another Night, Another City” capture l’errance nocturne, chère à l’imaginaire rock, entre solitude et excès.
Des hymnes taillés pour la scène : focus sur les titres phares
Dès “The Idiot”, Gluecifer frappe fort : riff frontal, tempo implacable, et refrain taillé pour être scandé poing levé. Le morceau-titre, “Same Drug New High”, résume parfaitement l’esprit de l’album, avec son groove accrocheur et ses paroles évoquant la répétition des excès et la quête perpétuelle de sensations. “Armadas” se distingue par une tension plus épique, presque martiale, tandis que “On the Wire”, en clôture, laisse l’auditeur sur une impression de danger permanent, comme un équilibre précaire entre contrôle et chaos. Musicalement, l’album ne connaît aucun temps mort, chaque titre semblant conçu pour exploser en live.
Avec Same Drug New High, Gluecifer signe un retour pleinement assumé, sans concessions ni faux-semblants. Le groupe ne cherche ni à séduire un nouveau public à tout prix, ni à répéter mécaniquement ses anciens schémas : il les embrasse, les polit et les propulse dans un contexte actuel. Résultat : un album solide, honnête et viscéral, qui rappelle pourquoi Gluecifer reste une référence incontournable du rock’n’roll européen. Même poison, certes, mais l’effet est toujours aussi dévastateur.


