Attack Attack! II, ATTACK ATTACK!

Attack Attack! II, ATTACK ATTACK!

8 août 2025 0 Par Chacha

 

Treize ans après This Means War (2012), Attack Attack! fait un retour aussi surprenant que savamment orchestré. Le batteur Andrew Wetzel reste le seul membre original, épaulé par Chris Parketny (chant), Ryland Raus (guitare & chant clair) et Cameron Perry (basse & chœurs). Dès l’annonce, le groupe maintient l’incertitude—et cultive le chaos—entre fausses ruptures, ambiance country déjantée, et teasers provocateurs.

 

Une histoire visuelle : chaos maîtrisé & auto-parodie

L’identité visuelle de l’album poursuit ce que le groupe a toujours su faire : mélanger l’esthétique flashy et provoc’ des années MySpace avec un second degré assumé.

La pochette de l’album est volontairement chaotique et saturée, pleine de couleurs criardes, comme un collage numérique sous acide. On y retrouve l’esprit « mème » que le groupe cultive depuis ses débuts.

Dans leurs clips récents, Attack Attack! joue sur l’autodérision : Dance! mélange chorégraphies absurdes et violence sonore, clin d’œil au fameux « crabcore stance » qui les a rendus viraux.

L’ensemble raconte une histoire : revenir après plus de 10 ans d’absence, non pas comme des rockstars sérieuses, mais comme des survivants d’Internet, prêts à embrasser le ridicule comme une arme.

Les thèmes : entre nihilisme, humour et catharsis

L’album est truffé de contradictions volontaires :

Nihilisme ironique : titres comme Karmageddon ou Sacrifice reprennent des images d’apocalypse, de destruction, mais toujours avec une couche d’humour.

Autodérision : ONE HIT WONDER et surtout i complain on r/metalcore tournent en dérision la critique facile des forums et la réputation du groupe.

Énergie cathartique : plusieurs morceaux abordent la survie, la colère et la libération par la fête et la violence sonore (Chainless, Walk on Water).

Cynisme social : derrière les blagues, Attack Attack! balance une vision du monde désabusée, où tout est spectacle et chaos, et où la musique sert à exorciser le vide.

Construction musicale : retour aux sources + exagération

Attack Attack! reprend sa formule electronicore des années 2008-2012, mais la pousse à l’extrême :

Breakdowns massifs et ultra-compressés, typiques du metalcore.

Électro kitsch façon dancefloor, avec des beats EDM et autotune volontairement outrancier.

Juxtaposition brutale des styles : un refrain pop peut déboucher sur un drop deathcore (cf. Dance! avec Will Ramos de Lorna Shore).

Humour musical : certains passages flirtent avec la parodie, jouant de clichés volontairement ringards pour mieux surprendre l’auditeur ensuite.

Structure imprévisible : contrairement aux albums précédents, beaucoup de titres cassent leur progression par des interludes absurdes, des samples électroniques ou des changements de tempo radicaux.

Titres marquants : repères dans le chaos

ONE HIT WONDER : ouverture ironique, hymne immédiat, riff percutant et refrain presque pop. Une carte de visite parfaite.

Dance! (feat. Will Ramos) : sans doute le morceau le plus spectaculaire, oscillant entre beat dansant et growls abyssaux.

i complain on r/metalcore : satire mordante, clin d’œil à la communauté en ligne. Le titre est devenu un mème musical instantané.

Chainless : un hymne plus sombre, énergique, qui contraste avec l’humour des autres titres.

Karmageddon : probablement le plus brutal, concentré de chaos metalcore.

Walk on Water : une pièce plus émotionnelle, qui prouve que le groupe peut encore écrire des chansons puissantes sans uniquement miser sur la provocation.

 

Verdict

Avec Attack Attack! II, le groupe ne se contente pas de revenir : il revendique son chaos, son héritage « crabcore », et son sens aigu du spectacle. L’album est un roller-coaster sonore où l’irrévérence flirte avec l’autodérision. Pour les amateurs de provoc’, de reflets Meta et de mosh-pits, c’est un retour à célébrer. Pour d’autres, c’est peut-être un mauvais retour de bal masqué. En fin de compte, chez Attack Attack!, l’excès est la norme—et c’est précisément ce qui fait tout le charme pervers de ce disque.
Cet opus n’est pas qu’un simple retour : c’est un concept visuel et sonore qui fait de la provocation, du chaos et de l’autodérision ses véritables fondations. Là où d’autres auraient tenté un album sérieux pour légitimer leur retour, Attack Attack! choisit le contraire : s’ériger en parodie vivante du metalcore, tout en réussissant à composer des morceaux vraiment accrocheurs.