Bright As Blasphemy, CHEVELLE

Bright As Blasphemy, CHEVELLE

15 août 2025 0 Par Chacha

 

Après plus de vingt-cinq ans de carrière et une discographie marquée par des disques aussi solides que Wonder What’s Next ou La Gárgola, Chevelle revient en 2025 avec Bright as Blasphemy, son dixième album studio. Premier opus autoproduit et libéré des contraintes de major, ce disque se présente comme un tournant artistique pour le duo des frères Loeffler. Plus concis que leurs travaux précédents, il condense en neuf morceaux une vision sombre, viscérale et lucide du monde moderne, entre riffs massifs, atmosphères oppressantes et thématiques empreintes de désillusion. Loin d’être un simple retour, Bright as Blasphemy sonne comme une réaffirmation identitaire : Chevelle s’y montre à la fois fidèle à son héritage et déterminé à explorer de nouvelles profondeurs sonores.

 

Atmosphère visuelle

Pochette : l’artwork reprend des teintes froides et sombres, presque lunaires, avec une iconographie abstraite. L’esthétique colle parfaitement au titre Bright as Blasphemy : un contraste entre éclat et obscurité, sacré et profane.

Imagerie générale : on y retrouve un mélange de science-fiction et d’iconographie quasi religieuse, comme un rituel moderne dévoyé. Cela prolonge le goût de Chevelle pour les visuels ambigus, à la fois spirituels et dystopiques.

Ambiance : ce visuel prépare l’auditeur à plonger dans un disque introspectif, où la clarté (la lumière, la vérité) s’entremêle avec des visions dérangeantes (blaspème, hallucinations, fanatisme).

Ambiance & Thématiques

Sombre et oppressante : l’album est globalement tendu, avec des guitares lourdes et une atmosphère quasi cinématographique.

Monde moderne en crise : critique de la dépendance numérique (Rabbit Hole), peur des dérives technologiques (AI Phobias), dénonciation du fanatisme (Jim Jones).

Spiritualité dévoyée : le titre même évoque une recherche de lumière qui se transforme en blasphème.

Psychologie & perception : la frontière entre rêve, cauchemar et réalité est explorée (Hallucinations, Pale Horse).

Karma & conséquences : Karma Goddess évoque la fatalité et la responsabilité individuelle face à ses choix.

Écriture & Style

Concision : seulement 9 titres, mais aucun morceau « de remplissage ». Pete Loeffler a écrit de manière directe, taillant chaque chanson pour qu’elle exprime une idée forte.

Métaphores puissantes : beaucoup d’images liées à la vision (clair/obscur, hallucinations), au religieux (blasphème, gourou), et au virtuel (trou de lapin numérique).

Poids des paroles : les thèmes sont pesants mais abordés avec subtilité — pas de slogans, plutôt des évocations qui laissent place à l’interprétation.

Énergie maîtrisée : le chant passe de murmures tendus à des explosions cathartiques, renforçant le côté émotionnel.

Titres à retenir

Pale Horse – Intro sombre et pesante, installe l’ambiance apocalyptique de l’album.

Rabbit Hole (Cowards Pt.1) – Morceau fort sur l’addiction numérique et la fuite dans les illusions.

Jim Jones (Cowards Pt.2) – Référence au célèbre gourou, critique du fanatisme destructeur, morceau le plus frontal.

Hallucinations – Écriture plus onirique, brouille les perceptions, un des plus immersifs.

AI Phobias – Reflète la peur de l’IA et de l’avenir technologique hors de contrôle.

Karma Goddess – Clôture puissante et symbolique, marquée par une ambiance sombre et fataliste.

 

Conclusion

Bright as Blasphemy est un album puissant et ambivalent à la fois — plus bref, plus précis, mais pas moins profond. Chevelle y affûte sa formule, offrant une palette sonore plus sombre, immersive et contemporaine, sans renier ses racines alt-metal. Pour le fan fidèle, c’est une renaissance ; pour le nouveau venu, une porte d’entrée captivante dans l’univers tourmenté des frères Loeffler.