The Thunderfist Chronicles, ALESTORM

The Thunderfist Chronicles, ALESTORM

20 juin 2025 0 Par Chacha

 

Avec The Thunderfist Chronicles, Alestorm revient à l’abordage avec un huitième album aussi délirant qu’épique. Entre humour absurde, refrains fédérateurs et morceaux taillés pour la fête, les Écossais prouvent qu’ils n’ont rien perdu de leur folie pirate. Ce nouvel opus, porté par un final de 17 minutes aux allures d’odyssée, navigue entre auto-parodie assumée et véritables élans de grandeur.

 

Une pochette digne d’un cartoon épique

Avant même d’appuyer sur play, The Thunderfist Chronicles impose son univers : une couverture bariolée où l’on retrouve l’imagerie démesurée qui fait la marque d’Alestorm. Couleurs saturées, héros caricaturaux, fureur maritime et trésors improbables – on dirait presque une affiche de dessin animé délirant, quelque part entre One Piece et Metalocalypse. Tout est pensé pour préparer l’auditeur : on ne va pas écouter un disque de metal austère, mais une aventure flamboyante, bigger-than-life, où chaque titre est une bulle de BD sonore.

L’humour comme carburant

Alestorm ne s’est jamais pris au sérieux, et cet album pousse le curseur encore plus loin. Les titres parlent d’eux-mêmes : Frozen Piss 2, Banana, Killed to Death by Piracy… On rit avant même d’écouter, et une fois plongé dans la musique, les refrains absurdes et les slogans scandés en chœur deviennent des hymnes de taverne.
L’humour n’est pas seulement dans les paroles : il est dans les arrangements eux-mêmes. Une rupture en polka qui surgit en plein morceau épique, un passage scream qui semble arriver de nulle part, ou encore une fanfare numérique qui tourne au burlesque. Tout est conçu pour surprendre, amuser, déstabiliser – et, surtout, fédérer en live.

Une odyssée musicale entre fête et épopée

Sur le plan musical, The Thunderfist Chronicles est l’un des albums les plus cohérents et ambitieux du groupe depuis longtemps.

On y retrouve le cocktail typique d’Alestorm : riffs heavy, touches power metal, nappes de claviers “cheap” façon jeux vidéo rétro, violon et hurdy-gurdy pour les sonorités folk.

La production de Lasse Lammert est à la fois claire et exubérante : tout sonne massif, festif et coloré.

Les morceaux courts et directs fonctionnent comme des “shots” d’alcool pirate : rapides, efficaces, bourrés de chœurs accrocheurs.

Mais c’est le final monumental, Mega-Supreme Treasure of the Eternal Thunderfist (17 minutes !), qui donne à l’album son souffle épique. On y croise des invités prestigieux (Russell Allen, Patty Gurdy), des changements de rythme incessants, et une narration musicale qui alterne le tragique et le grotesque.

Résultat : un disque qui oscille constamment entre la fête de taverne et la fresque héroïque, sans jamais perdre son identité.

 

Verdict

Avec The Thunderfist Chronicles, Alestorm confirme qu’il est le seul groupe capable de mélanger comédie potache, imagerie cartoon, et metal sérieux dans sa construction.
C’est un album qui se savoure à deux niveaux :

Au premier degré, comme un excellent disque de folk/power metal riche en mélodies et en énergie,

et au second degré, comme un immense délire pirate qui n’a d’autre but que de faire sourire et lever les pintes.

Bref : un véritable carnaval sonore, qui divisera sans doute les puristes, mais qui reste un trésor de créativité absurde et festive.