Harbingers, BYZANTINE

Harbingers, BYZANTINE

13 juin 2025 0 Par Chacha

 

Avec Harbingers, Byzantine signe son septième album studio, disponible depuis le 13 juin 2025 via Metal Blade Records.
Le groupe, originaire de Charleston (Virginie-Occidentale), réunit pour la première fois une formation à cinq membres : Chris “OJ” Ojeda (chant / guitare), Tony Rohrbough (guitare, de retour), Brian Henderson (guitare), Ryan Postlethwait (basse) et Matt Bowles (batterie).

 

Un visuel qui dit tout avant même la première note

L’artwork d’Harbingers, signé Ashley Hoey, frappe immédiatement : une représentation majestueuse d’Irène d’Athènes, unique impératrice de l’Empire byzantin, trônant en figure maternelle et ambiguë. Elle incarne à la fois le pouvoir, la fragilité et la menace, exactement comme la musique qui s’annonce. Le choix est hautement symbolique : l’album parle de transitions, de bouleversements, de fins et de recommencements. Un visuel qui n’est pas simple ornement, mais une clé de lecture de l’œuvre.

Des thématiques qui questionnent le monde moderne

Byzantine ne se contente pas de faire rugir ses guitares. L’écriture d’OJ Ojeda et de ses acolytes s’inscrit dans une réflexion contemporaine :

Floating Chrysanthema imagine un futur dystopique où une IA consciente réduit l’humanité en esclavage. La science-fiction devient ici un miroir grossissant de nos inquiétudes actuelles sur l’automatisation et l’éthique technologique.

The Clockmaker’s Intention interroge la notion de destin et de libre arbitre à travers la métaphore d’un horloger divin.

Enfin, Irene clôt l’album en figure de testament, évoquant les cycles de pouvoir et de rédemption.

Les thématiques, entre histoire, philosophie et anxiété technologique, placent Harbingers dans une tradition du metal qui pense autant qu’il cogne.

Une technique qui sert l’émotion

Techniquement, Byzantine ne déçoit pas. Les riffs oscillent entre groove massif (dans la lignée de Pantera ou Lamb of God), complexité rythmique à la Meshuggah, et envolées progressives dignes de Nevermore. La présence de trois guitaristes (Ojeda, Rohrbough, Henderson) donne une richesse harmonique rare : chaque titre superpose des couches de riffs et de mélodies qui se dévoilent au fil des écoutes.

La batterie de Matt Bowles, chirurgicale sans jamais tomber dans la froideur, soutient des changements de tempo constants. La basse de Ryan Postlethwait, souvent mise en avant dans le mix, apporte une rondeur bienvenue au chaos ambiant. Tout est travaillé pour que la technicité ne devienne pas démonstrative, mais reste au service de la dynamique émotionnelle.

Un impact dans la scène alternative actuelle

Byzantine occupe une place singulière dans le metal américain. Issus de la Virginie-Occidentale — loin des grandes métropoles musicales — ils ont toujours représenté une sorte de “voie parallèle” au mainstream du metalcore et du groove metal des années 2000. Avec Harbingers, ils montrent que cette marginalité est une force.

À une époque où beaucoup de groupes alternatifs tendent vers la standardisation du son (production surcompressée, refrains formatés), Byzantine ose proposer un album dense, ambitieux et exigeant, sans renoncer à l’accessibilité de certains refrains. Ce mélange leur permet d’être écoutés autant par les amateurs de thrash old-school que par les férus de progressif moderne.

Dans la galaxie de la musique alternative, Harbingers se présente comme une œuvre-pont : elle rappelle les racines tout en projetant des visions futuristes. C’est précisément ce qui permet à Byzantine d’avoir un impact discret mais réel — inspirant des musiciens plus jeunes à explorer hors des sentiers battus.

 

Conclusion

Avec Harbingers, Byzantine signe un album total : visuel puissant, lyrique visionnaire, technique impressionnante, et impact culturel qui va bien au-delà de la simple sortie discographique. Le groupe reste un secret trop bien gardé, mais cet album pourrait bien servir de tremplin pour leur reconnaissance tardive mais méritée dans le panthéon du metal progressif moderne.