Saddiction, HANGMAN’S CHAIR

Saddiction, HANGMAN’S CHAIR

14 février 2025 0 Par Leeloo

 

Hangman’s Chair, avec son album Saddiction, poursuit le voyage commencé avec A Loner (2022) et nous propose le deuxième acte d’une trilogie captivante et troublante. Ce septième opus renforce l’harmonie entre des riffs lourds et des moments aériens, prouvant que le groupe sait jongler avec les plusieurs genres.

 

Ancré dans un doom rock mixé de shoegaze et de post-metal, le groupe ajoute de nouvelles couleurs à sa palette. Dès les premières notes de “To Know The Night”, on ressent une tension. Le morceau démarre fort avant de s’arrêter brusquement, illustrant le talent du groupe pour jouer sur l’attente et l’émotion. Le riff principal, massif, se dissout dans un refrain léger où la voix de Cédric Toufouti s’élève. On respire, mais l’urgence est palpable.

À l’inverse, “The Worst Is Yet To Come” maintient une intensité constante, comme si l’espoir cherchait à percer sans jamais y parvenir. Triste illustration du monde actuel sans doute.

Les Parisiens nous livrent un album concept où la tristesse devient une sorte de dépendance. D’ailleurs le titre de cet album en dit long : un mélange de « sadness » et d’ « addiction ».

Les paroles reflètent les obsessions du groupe. Parfaitement torturé, “2 AM THOUGHTS” frappe avec force. Coécrit avec DOOL, il capte les nuances de cet état. “In Disguise” commence avec une intro longue qui plante un décor urbain. La douceur de la voix ajoute une mélancolie qui lutte pour voir la lumière.

À travers l’album, cet espoir semble toujours en lutte. Le morceau final, “Healed?”, pose cette question sans réponse.

Musicalement, le groupe évolue en ajoutant plus de shoegaze à son fond doom. Les guitares, lourdes et saturées, sont désormais enveloppées d’un son plus aérien. La basse 6 cordes renforce l’impact des passages les plus sombres, donnant une profondeur abyssale. C’est non sans me déplaire d’ailleurs.

Cédric Toufouti a même modifié la tonalité de sa voix, la rendant plus touchante. Sur “Neglect”, l’un des titres phares, le contraste entre les arpèges brillants et les moments lourds est accentué par une voix habitée, comme venue d’ailleurs. La musique transporte l’auditeur dans un monde gris et bétonné.

L’identité d’Hangman’s Chair passe aussi par son impact visuel. Le clip de “Kowloon Lights”, réalisé par Dehn Sora, présente une esthétique sombre et onirique. La 3D donne une nouvelle perspective, montrant une ville dense aux lumières vives, puis se concentrant sur ses habitants, en proie à leurs addictions. Cette attention aux ambiances montre que Saddiction est plus qu’un simple album, mais un projet artistique complet. La musique, les paroles et l’image se mêlent pour une réflexion poignante. Tout est réfléchi, bien ficelé et en cohérence musique, texte, émotions et clip.

 

Avec Saddiction, Hangman’s Chair nous offre un travail encore plus abouti sur les textures et les émotions.