Reveries, BREAKDOWN OF SANITY
6 novembre 2026 0 Par Chacha
Dix ans. C’est le temps qu’il aura fallu à BREAKDOWN OF SANITY pour revenir avec un nouvel album. Autant dire que les attentes étaient particulièrement élevées pour les amateurs de metalcore suisse, qui retrouvent enfin le groupe avec Reveries, douze titres et une nouvelle voix derrière le micro : celle de Kivi Brändle. Mais après une décennie d’absence discographique, la formation a-t-elle encore suffisamment de rage et d’inspiration pour faire trembler les murs ?
Dès « This Is What You Get », le groupe installe une ambiance presque cinématographique avant de lâcher les premières hostilités. La suite ne laisse guère de place au doute : BREAKDOWN OF SANITY n’a pas rangé ses guitares au placard. Riffs massifs, rythmiques incisives, batterie percutante et basses bien grasses constituent toujours les fondations de son metalcore. Les compositions alternent entre passages écrasants, accélérations nerveuses et respirations mélodiques, avec une production moderne, précise et particulièrement propre.
« Hibernate » et « The Hunt » font partie des morceaux qui retiennent immédiatement l’attention. Le premier joue habilement sur les contrastes, avec une construction progressive qui finit par déployer toute sa puissance. Le second affiche une agressivité redoutable et permet à Kivi Brändle de prendre pleinement possession de l’espace. Son arrivée représente évidemment l’un des enjeux majeurs de ce retour, et le chanteur ne manque pas d’énergie pour défendre ce nouveau chapitre. « Palisades » apporte quant à lui une dynamique plus mobile, avec des passages qui donnent furieusement envie de remuer la tête, tandis que « One-Way Mirror » retrouve cette efficacité frontale qui fait le sel du genre.
Mais Reveries ne se résume pas à une succession de déflagrations. « Torn Pages » développe une dimension plus introspective, notamment à travers des paroles qui évoquent les souvenirs douloureux, la trahison et cette volonté de se détacher d’un passé qui continue de peser. Une thématique qui trouve un écho dans l’atmosphère générale du disque, entre blessures intérieures, enfermement et besoin de reconstruction. « Stay » et « Atlas » prolongent cette facette plus émotionnelle, tout en conservant suffisamment de lourdeur pour ne jamais perdre le fil conducteur de l’album.
On apprécie également le soin apporté aux arrangements et aux variations d’intensité. Les guitares savent se montrer aussi bien tranchantes qu’atmosphériques, tandis que la section rythmique maintient une pression constante. Quelques passages semblent toutefois un peu prévisibles et certaines structures manquent de surprises. Les amateurs de breakdowns dévastateurs ne seront pas dépaysés, mais on aurait parfois aimé que le groupe ose davantage sortir de ses propres habitudes.
Après dix années sans véritable album, Reveries marque donc un retour solide pour BREAKDOWN OF SANITY. La formation suisse réussit à retrouver son terrain de jeu tout en ouvrant une nouvelle page avec son chanteur. Tout n’est pas révolutionnaire, mais l’énergie, la maîtrise instrumentale et les quelques belles envolées émotionnelles font le travail. Une chose est sûre : le groupe n’a visiblement pas perdu le mode d’emploi pour faire trembler les cervicales !

