Landfall, WAGE WAR

Landfall, WAGE WAR

9 octobre 2026 0 Par Chacha

 

Avec Landfall, WAGE WAR n’a visiblement pas prévu de nous laisser reprendre notre souffle. Les Américains reviennent avec treize titres qui jouent sur les contrastes, entre metalcore ravageur, refrains mélodiques et expérimentations plus industrielles. Le groupe connaît sa recette, mais ne se contente pas de ressortir les mêmes ingrédients : ici, la violence côtoie la mélancolie, les riffs massifs se frottent aux sonorités électroniques et les changements d’ambiance peuvent vous faire passer des larmes au headbang en quelques secondes. Autant dire qu’il vaut mieux attacher sa ceinture !

 

Dès le morceau-titre, le ton est donné : une alarme inquiétante, des guitares accordées bien bas et les hurlements de Briton Bond nous plongent dans une atmosphère apocalyptique. Face à cette déferlante, les voix claires de Cody Quistad apportent une mélodie accrocheuse qui évite à l’ensemble de foncer tête baissée dans la brutalité. Un équilibre que l’on retrouve sur « Sweet Dreams », particulièrement efficace avec ses riffs nerveux et son refrain qui s’incruste dans le crâne sans demander la permission.

Mais WAGE WAR sait aussi sortir les griffes. « Silk » se distingue par son approche plus chaotique, ses riffs acérés et ses vocaux sauvages, tandis que « God Complex » injecte une bonne dose d’industriel dans la machine. Les textures électroniques renforcent son côté sombre et mécanique, avant de laisser place à des passages écrasants. Quant à « Way Of Pain », le titre porte particulièrement bien son nom : ça cogne, ça gronde et ça ne fait clairement pas dans la dentelle. Les amateurs de breakdowns dévastateurs devraient y trouver leur bonheur.

Heureusement, l’album ne se résume pas à une succession de démolitions sonores. Avec « Figure 8 » et « Stay With Me », le groupe laisse davantage respirer les mélodies, quitte à flirter avec un rock alternatif très accessible. « Silence Has Spoken » joue, lui, sur une ambiance plus introspective, portée par des arrangements atmosphériques et une interprétation vocale chargée d’émotion. Cette alternance entre rage et vulnérabilité donne du relief à l’ensemble, même si les changements de registre pourront parfois surprendre les amateurs d’un metalcore exclusivement brutal.

Autre bonne surprise, « Red Dot » apporte une touche plus groovy, avec des rythmiques saccadées et des sonorités qui rappellent les heures les plus aventureuses du nu metal. « Song Of The Swamp » remet ensuite les compteurs dans le rouge, tandis que « Blindfold » démontre que le groupe sait aussi miser sur l’atmosphère et les refrains mémorables sans perdre toute sa lourdeur.

 

En guise de conclusion, « Silhouette » referme le disque sur une note plus sensible, construisant progressivement son intensité avant de rappeler que WAGE WAR n’a pas rangé les armes. La production, massive et précise, met en valeur aussi bien les détails instrumentaux que les explosions de puissance. Au final, Landfall est un album contrasté, parfois surprenant, qui assume pleinement ses multiples facettes. Tout n’est pas uniformément brutal, et c’est justement ce qui fait son intérêt : WAGE WAR sait frapper fort, mais aussi toucher juste.