Demonetization, IRON REAGAN

Demonetization, IRON REAGAN

18 septembre 2026 0 Par Chacha

 

Dix minutes. Six titres. Et suffisamment de mandales pour que le réveil sonne avec une dent en moins. Après plusieurs années de silence, Iron Reagan revient avec Demonetization, un EP qui ne cherche visiblement pas à réinventer le crossover thrash, mais plutôt à lui remettre un bon coup de pied dans les côtes. Et franchement, ça fait du bien.

 

Dès les premières secondes de « Demonetization », le ton est donné : riffs secs, batterie qui cavale et cette énergie punk/hardcore qui refuse catégoriquement de rester en place. Iron Reagan joue vite, très vite, mais surtout avec une précision qui empêche le chaos de devenir brouillon. Les guitares alternent entre accélérations thrash, passages plus hardcore et petits changements de rythme suffisamment vicieux pour maintenir l’auditeur sous tension.

« God Don’t Like It » poursuit cette course effrénée avec un Tony Foresta toujours aussi reconnaissable au chant. Le morceau possède cette agressivité presque goguenarde qui colle parfaitement à l’identité du groupe. Les textes, eux, restent dans cette veine sociale, corrosive et volontiers provocatrice : Iron Reagan n’est clairement pas venu distribuer des fleurs, mais plutôt rappeler que le monde est suffisamment absurde pour qu’on puisse aussi s’en moquer en hurlant.

Le véritable morceau-fleuve de l’EP — toute proportion gardée — est « Make It Ugly », ses 2’41 représentant près du quart de la galette. Avec la participation de Haggus, le titre pousse encore davantage le curseur vers le hardcore et le grind, tout en conservant le sens du riff qui fait immédiatement mouche.

Puis Iron Reagan repart à l’assaut avec « Hood Ornament » et « Parts Unknown », deux petites bombes qui prouvent que le groupe sait parfaitement exploiter le format court. Ici, pas question de perdre trente secondes avec une intro contemplative sur la beauté du coucher de soleil : ça démarre, ça cogne, ça accélère et ça s’arrête. Suivant !

Et si « Turning Green » vient fermer les portes du carnage, il le fait sans calmer le jeu. Les guitares restent incisives, la rythmique toujours aussi nerveuse et l’ensemble conserve cette impression de spontanéité contrôlée. On retrouve surtout cette capacité à mélanger thrash, punk, hardcore et fastcore sans donner l’impression d’écouter quatre groupes différents.

 

Avec Demonetization, Iron Reagan revient donc à l’essentiel : des riffs, de la vitesse, de l’attitude et zéro temps mort. Ce n’est peut-être pas l’EP que l’on lancera pour accompagner une séance de méditation, mais pour prendre dix minutes de violence musicale parfaitement organisée, difficile de faire plus efficace.

Iron Reagan n’a pas besoin de faire compliqué pour faire mal. Et visiblement, après quelques années d’absence, les gars avaient encore quelques baffes en réserve.