TANZNEID, ELECTRIC CALLBOY

TANZNEID, ELECTRIC CALLBOY

11 août 2026 0 Par Chacha

 

Avec Electric Callboy, il faut accepter une règle simple : ici, le ridicule ne tue pas, il déclenche un breakdown. Les Allemands ont depuis longtemps fait de leur mélange metalcore/electro/techno une véritable marque de fabrique, et TANZNEID ne vient certainement pas changer la recette. En revanche, il confirme qu’ils savent toujours aussi bien la cuisiner. C’est lourd, dansant, ultra produit, complètement assumé… et franchement difficile à écouter sans avoir envie de bouger, même si votre dignité vous supplie de ne pas le faire.

 

Le morceau-titre donne immédiatement le ton avec ses riffs massifs, ses rythmiques électroniques et ses refrains taillés pour les festivals. Electric Callboy maîtrise désormais parfaitement l’art du contraste : une guitare bien grasse, un beat techno, un chant agressif, puis une mélodie catchy qui vient vous rester dans le crâne pendant trois jours. « Hypercharged » pousse encore cette mécanique avec une énergie particulièrement efficace, tandis que « Elevator Operator » et « Heartclub » misent davantage sur le groove et les sonorités électroniques.

Et puis il y a « RATATATA », avec BABYMETAL, probablement l’un des meilleurs exemples de cette folie parfaitement contrôlée. Le titre aurait pu n’être qu’un gros délire de plus, mais la rencontre fonctionne étonnamment bien. Les voix de BABYMETAL ajoutent une dimension supplémentaire au morceau, sans jamais faire disparaître les guitares et les breakdowns. Même chose pour « Let The Good Times Roll », où Dexter Holland de THE OFFSPRING apporte une touche punk qui colle finalement parfaitement à l’univers du groupe.

Derrière l’humour et l’imagerie complètement décomplexée, il ne faudrait surtout pas oublier le travail musical. Les guitares sont précises, les batteries claquent, les basses restent bien présentes et la production laisse suffisamment de place aux synthés pour qu’ils constituent une véritable partie de l’identité sonore. Les transitions sont propres, les changements de rythme efficaces et les arrangements suffisamment riches pour éviter que la formule ne devienne rapidement lassante.

« The Savior » et « Revery » permettent justement de ralentir légèrement la machine et d’apporter une facette plus mélodique, voire plus émotionnelle. Et la reprise de « Still Waiting » de Sum 41, avec Frank Zummo, fonctionne particulièrement bien : Electric Callboy respecte l’esprit punk du morceau tout en lui injectant sa propre dose d’énergie électronique. Une reprise qui ne ressemble donc pas à un simple exercice de style.

Les remixes proposés en bonus prolongent logiquement l’expérience, avec notamment Sullivan King et Paul Elstak qui poussent encore plus loin les composantes electro, hardcore et techno. De quoi satisfaire ceux qui trouvent que l’album ne contient déjà pas suffisamment de BPM.

 

TANZNEID ne cherche pas à révolutionner Electric Callboy, et ce n’est probablement pas ce qu’on lui demande. Le groupe connaît son terrain, maîtrise ses codes et surtout sait parfaitement comment les utiliser pour provoquer une réaction immédiate.

C’est fun, c’est lourd, c’est parfois complètement débile — et c’est précisément pour ça que ça fonctionne. Sous ses airs de gigantesque fête sous stroboscope, TANZNEID révèle surtout un groupe techniquement solide, capable de mélanger des univers qui n’étaient franchement pas censés finir ensemble.

Mais chez Electric Callboy, plus rien ne semble impossible. Même le metal peut avoir besoin d’un petit déhanché.